Musique

BRACE ! BRACE ! : LA DOUCEUR ET LA SINGULARITÉ D’UN GROUPE AUX SONORITÉS POP

Dis-moi EMIE, Brace ! Brace ! c’est qui ?

Brace! Brace! c’est avant tout la légèreté et la singularité.  Le quatuor composé de Thibault, Antoine, Cyril et Simon) a dévoilé en février dernier son deuxième album « Care », un disque que l’on pourrait qualifier de Pop ASMR. Nous avons voulu en savoir plus sur la construction de cet album « thérapeutique », leur rencontre avec Antoine Magnien qui a réalisé les clips de « Life In Plaster » et « Places »,  et sur leurs projets à venir .

E : Tout d’abord pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

BB : Salut ! Nous sommes Brace! Brace!, un groupe de quatre individus vivant à Paris.

E : Comment définiriez-vous votre musique pour ceux qui ne vous connaissent pas ? 

BB : On a toujours beaucoup de mal à définir ce que l’on fait, alors à chaque disque on s’amuse à inventer un registre. Sur le second EP on parlait de Loud Pop, au moment du 1er album de Free Pop, pour ce nouveau disque on aime parler du groupe comme de l’ASMR Pop. Les lecteurs assidus auront remarqué que, quand même, le terme « Pop » revient pas mal. Disons que l’on est toujours partagé entre un certain classicisme et la volonté de développer une singularité.

E : Votre deuxième album « Care » est sorti le 18 février,  comment avez-vous travaillé sur cet album ?

BB : Du fait de la pandémie on a dû revoir notre façon de fabriquer la musique. Auparavant, on prenait 15 jours pour aller enregistrer tous ensemble quelque part. On cherchait à capter une énergie de groupe. Cette fois-ci ça n’a pas été possible et donc c’est un disque qui a été réalisé par petit bout avec l’aide – à nouveau –  de Barth Bouveret. Nous l’avons enregistré séparément, en privilégiant un process minimaliste. Beaucoup d’instruments sur le disque sont enregistrés directement en DI, il y a peu d’effets de texture ou de spacialisation. Nous avons essayé de travailler davantage sur l’interprétation et moins sur le son en tant que tel. En somme on voulait faire de ce disque une sorte de cocon, quelque chose de plus sobre, plus simple et plus intime; tout proche de l’oreille de nos auditeurs.

E : Parlez-nous de « Seeking » c’est un morceau uniquement instrumental ? Est-ce qu’il y a une continuité/ histoire (guérison) entre le début (Life In Plaster) et la fin de votre album (Explain) ? 

BB : Seeking est très largement instrumental c’est vrai, c’est sans doute dû au fait qu’il résulte en grande partie de sessions de composition à quatre, au même titre que Station Walls sur le premier album. Ce sont d’ailleurs nos morceaux préférés, parce qu’ils sont très représentatifs de ce qu’est le groupe.

La thématique thérapeutique de l’album n’a pas vraiment été pensée en amont, après avoir terminé le disque nous avons fait le constat que les morceaux exprimaient un même sentiment.

E : Vous avez collaboré avec Antoine Magnien sur les clips de « Places » et « Life in Plaster », comment s’est passé cette rencontre ? 

BB : C’est une collaboration assez logique puisqu’Antoine a commencé le groupe avec Thibault en 2013. Brace! Brace! était à la base un duo à 2 guitares, puis est progressivement devenu un groupe. À un moment donné, Antoine a quitté le projet pour se consacrer à la photographie. Travailler ensemble sur un autre aspect de Brace! Brace! était une chouette façon de boucler la boucle.

E : Vous évoquez notamment le fait que ce disque soit thérapeutique pouvez-vous nous en dire plus ? Thérapeutique pour vous ? Et pour les personnes qui vous écoutent ?

BB : Disons que dans la période perturbée que nous avons tous traversé, la musique nous est apparue comme quelque chose de réconfortant. Quand tout était à l’arrêt, le disque, lui, avançait tranquillement.

E : Comment avez-vous réussi à trouver votre propre identité visuelle, qui est très reconnaissable ? 

BB : Ça vient sans doute d’un fort intérêt de nous tous pour l’image. On a toujours considéré que c’était une partie intégrante des disques, c’est ce qui met l’auditeur en condition avant d’appuyer sur play.

E : Selon vous quel serait le contexte/ situation idéale pour écouter votre album ?

BB : Chez soi, au casque, sous la couette. On est plus un groupe tisane qu’un groupe whisky.

BRACE ! BRACE ! - Antoine Magnien
BRACE ! BRACE ! – Antoine Magnien
E : Qu’avez vous voulu apporter de différent par rapport à votre premier album ? Cet album semble « plus pop » que le premier.

Sur le premier disque on se cherchait beaucoup, déjà parce que la formation était plus jeune. On faisait s’entrechoquer des références très assumées, ce qui donnait des contrastes affirmés.

Cette fois-ci on voulait faire quelque chose de plus homogène, on a le sentiment également d’avoir réussi à trouver une écriture qui nous est propre. C’est plus doux effectivement, c’est aussi plus minimaliste, on essaie de ne pas mettre de notes en trop.

E : Quel est le concert qui vous a marqué et qui vous a donné envie de faire la musique que vous faites maintenant ?

Antoine : Je me souviens d’un live d’Ulrika Spacek il y a quelques années où j’avais particulièrement aimé l’atmosphère portée par des phases instrumentales et des guitares très présentes comme on peut le retrouver dans notre musique.

Thibault : J’avais vu J Fernandez à l’Espace B, le groupe existait déjà, mais il y avait une façon de jouer chez lui et ses musiciens que j’avais trouvé génial, très instinctive, une belle osmose entre eux. En plus la musique est fantastique.

Cyril : Toutes les fois où je vois Deerhunter en concert ça me projette vraiment dans cette musique super libre et éthérée. C’est vraiment un groupe fondamental pour moi, qui continue de me suivre au fil du temps, de m’accompagner dans la composition.

Simon : En rapport avec notre musique, probablement les vidéos du rooftop concert des Beatles que je regardais sur l’ordinateur de mon père quand j’étais petit.

E : Quels sont les artistes que vous écoutez en ce moment ?

Antoine : Je tourne en boucle depuis pas mal de temps sur quelques groupes de power pop : The Nerves, The Db’s, Let’s Active, ou encore The Replacements. Je trouve aussi intéressant la plupart des groupes actuels UK qui ont créé une scène très identifiable (parfois peut être un peu trop) – type Black Midi, Squid, Keg, ou Black Country, New Road.  Et beaucoup plus pop, je suis tombé sous le charme de Sylvie Kreusch.

Thibault : Je ré-écoute pas mal l’album de François Virot sorti en 2016. C’est vraiment un disque très créatif.

Cyril : En ce moment j’écoute essentiellement Westside Gunn, un rappeur de Buffalo

Simon : En ce moment je suis accro à l’album éponyme de Gilberto Gil de 1968, qui mélange superbement musique brésilienne et psychédélisme à l’anglaise.

E : Qu’est ce qu’on peut vous souhaiter pour cette année 2022 ? 

BB : Sortir de notre cocon pour faire une belle tournée en 2022, on sera notamment le 16 juin à la Boule Noire  (tickets) pour fêter la sortie de ce disque. Pourquoi pas de belles collaborations avec d’autres artistes !

Merci à Brace ! Brace! d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !