Art & Photographie

LUCIE MARMIESSE : une photographe entre humanité et émotion

Dis-moi EMIE, Lucie Marmiesse, c’est qui ? 

Nous avons découvert Lucie Marmiesse en tant qu’attachée de presse dans la musique mais elle est également photographe spécialisée dans la photographie argentique. Nous avons voulu en savoir plus sur son parcours, son style et ce qui lui plaît dans la photographie de portraits ainsi que ses futurs projets.

E : Tout d’abord peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ? 

L : J’ai bientôt 34 ans. J’ai baigné dès mon plus jeune âge dans un milieu où l’art, au sens large, tenait beaucoup de place.  En 2016, j’ai décidé de me tourner vers la promotion d’artistes et plus particulièrement vers la scène musicale indépendante française. J’ai donc créé ma structure See You In L.A.

E : Comment as-tu commencé la photographie ? 

L : J’ai le sentiment que l’appareil photo était un objet usuel, courant à la maison. De façon naturelle, j’en ai pris un entre les mains et mon entourage proche m’a initié.
Depuis 3 ans, je fais de la photographie argentique. J’ai un Olympus OM-2 et un Polaroïd que j’adore. L’un de mes rêves serait d’avoir ma propre chambre noire pour développer mes photos.
Je me suis formée en me nourrissant du travail des autres photographes qui me touchent. Enfin mon regard est aussi fortement influencé par ma formation initiale de cinéma.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Lucie Marmiesse (@luciemarmiesse)

E : Comment définirais-tu ton style de photographie ? 

L : Ce que j’aime c’est prendre sur le vif, dans la rue, dans les transports, cette humanité que l’on rencontre fortuitement. Observer l’autre et capter une émotion, une posture, une attitude de personnes qui pourraient passer inaperçues dans une banalité. Ce qui m’intéresse c’est sensiblement percevoir une faille chez l’autre ou encore l’absurdité de la pauvreté.
J’aime aussi l’architecture et l’immense variété des photos possibles à faire. Les lignes de fuite, les ombres et lumières, les superpositions. New-York est une ville très riche à ce niveau là et un terrain de jeux terriblement excitant.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Lucie Marmiesse (@luciemarmiesse)

E : Qu’est-ce qui te plaît dans la photographie de portraits ?

L : Un portrait, c’est avant tout une vie, un être humain avec toute sa complexité. Pour faire un beau portrait, il faut établir un climat de confiance. Il faut que la personne puisse laisser tomber le masque que nous portons tous. C’est un lâcher prise nécessaire. Un beau portrait se fait à ce prix.

E : Comment choisis-tu les modèles avec lesquels tu shootes ?

L : Mes premiers essais, mes premiers « cobayes » ont été mon entourage. Généralement, je choisis mes modèles en fonction de ce qu’ils dégagent. La perfection ne m’intéresse pas. Je suis davantage attirée par les personnes qui dégagent un certain magnétisme, une personnalité tranchée, un charme.

E : Tu travailles majoritairement en noir et blanc, pourquoi ce choix ?

L : Mon éducation y est pour beaucoup. J’ai vu plein de films en noir et blanc classiques (Charlie Chaplin, Hitchcock, Les frères Mélies, Fritz Lang, Sergueï Eisenstein, etc.)
Le noir et blanc élimine les distractions. Il se focalise sur les contrastes et sur les différences, le spectateur va être systématiquement attiré par celles-ci. Il provoque de façon vive une émotion.-

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Lucie Marmiesse (@luciemarmiesse)

E : Quelle est selon toi la photo parfaite ?

L : Cela me paraît bien subjectif. Bien-sûr on peut trouver une photo parfaite d’un point de vue technique, avoir un cadrage et une lumière adéquate mais est-ce suffisant ?
Une photo sur laquelle on a envie de s’arrêter, une photo qui interpelle, une photo dont on se souviendra est celle qui dégage une émotion, une sensation, un sentiment.

E : Quelle est la photo dont tu es la plus fière ? `
Lucie Marmiesse
Lucie Marmiesse
E : En tant qu’attachée de presse et manageuse, tu as des accès privilégiés dans le milieu de la musique, aimerais-tu te développer dans la photographie de concerts, backstages ?

L : C’est quelque chose à laquelle j’ai déjà pensé effectivement, je m’y essayerais peut-être un jour. D’ailleurs, j’aime beaucoup le travail de Juliette Poulain, Emilie Mauger, Guillaume Kerjean et bien d’autres.

E : Quels sont tes futurs projets / collaborations pour ce début d’année ?

L : J’ai été interpellé par le travail saisissant de Bettina Rheims qui avait photographié des femmes en prison. Le dialogue complexe entre ce milieu carcéral et celui de la création artistique me touche particulièrement. Dans cette même démarche, je souhaiterais faire une série de photographies sur ces femmes douloureuses, ayant subi traumatisme et violence.
Établir un pont salutaire entre art et humanité.

Merci à @luciemarmiesse d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

Vous pouvez retrouver le travail de Lucie Marmiesse sur Instagram : @luciemarmiesse et son site internet