Musique

CHEAP TEEN : un groupe de punk garage énervé

Dis-moi EMIE, Cheap Teen, c’est qui ?

Cheap Teen est un groupe de punk/garage que nous avons découvert au Supersonic. Derrière ce nom se cache 4 garçons aux influences variées, qui viennent de sortir leur premier EP « Questioning One’s Balance ». Nous avons voulu en savoir plus sur leurs influences, la manière de travailler leur premier EP, le concert qui les a le plus marqué (avec une petite anecdote de Lounès) et leur rituel avant de monter sur scène !

E : Tout d’abord pouvez-vous vous présenter ?

Julien :  On s’appelle Cheap Teen, on est un groupe de Maisons Alfort qui existe depuis environ 4 ans.

Cyprien : On est des gosses de 20 ans qui font de la musique pour kiffer.`

Enzo : Moi je suis le chanteur/guitariste et je pratique le curling sur sable (ce n’est pas vrai, ça n’existe pas).

Lounès : J’ai 19 ans, je suis étudiant en 2ème année de licence Maths Physique et je suis le batteur. Je joue de la batterie depuis mes 3 ans et je suis inscrit en batterie et percussion classique au conservatoire depuis mes 7 ans donc je joue dans quelques orchestres en plus de Cheap Teen.

E : Comment pouvez-vous décrire votre musique pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Enzo : C’est une sorte de Punk, avec beaucoup de larsens. Les paroles sont assez violentes et on est toujours très énervés sur scène. Bien sûr on est influencé par plein d’artistes que tout le monde connaît, mais on travaille très dur pour créer notre propre son, du punk rempli d’influences de partout.

Cyprien  : Du punk-rock-garage-surf (même moi je sais pas ce que c’est mais on m’a dit de dire ça)

Julien : C’est une musique assez saturée et énervée mais avec un côté très mélodique. Même si les morceaux sont assez variés, je pense que c’est les deux points communs entre tous les morceaux.

Lounès : Selon les musiques on peut avoir des influences hardcore, noise ou encore métal.

E : Vos inspirations se trouvent principalement dans la musique punk / garage ? Avez-vous d’autres influences ?

Enzo : Bien sûr ! La Pop en général (Charlie XCX et Carly Rae Jepsen). Je suis aussi influencé par ce qu’on appelle le Post-Nightcore (ou l’Hyperpop). C’est une grande inspiration pour moi, la complexité musicale et le rythme catchy m’impressionnent et m’inspirent vraiment beaucoup. En dehors du Punk, le Jazz est pour moi une grande inspiration, j’adore me compliquer la vie quand je compose et le Jazz m’aide à me compliquer la tâche.

Cyprien : Bizarrement (peut-être) on prend des trucs un peu pop c’est vrai.

Julien : Ce sont les influences principales pour Cheap Teen mais chacun des membres a des influences personnelles assez différentes (Métal, Noise, Blues, Rap…)

Lounès : Personnellement j’ai des influences assez différentes des autres membres du groupe, mon style de jeu est surtout influencé par le hardcore et le métal notamment trash métal et death métal (j’aime beaucoup les morceaux très rapide).

E : Vous allez sortir votre premier EP « Questioning One’s Balance », comment avez-vous travaillé sur cet EP ?

Enzo : On a composé la plupart des morceaux dans le salon de Cyprien chez ses parents. C’était l’été et on passait des heures à faire des jam interminables. C’était vraiment cool et du coup on a réussi à créer des morceaux dont on était assez fier pour les jouer en concert. Lorsqu’on a eu la possibilité de les enregistrer en studio on a vraiment bossé le truc à fond en peaufinant à la note prêt. J’ai passé des nuits entières à modifier les paroles. Je voulais vraiment écrire des textes travaillés, alors je ne sais pas si je suis un poète, mais j’ai adoré travailler mes textes. On a ensuite enregistré au Hybreed Studio à Fontenay. Ensuite c’est Olivier du groupe Pogo Car Crash Control qui a mixé notre EP.

C’est pour moi la plus grande fierté de ma carrière dans Cheap Teen. Pogo a toujours été une énorme influence pour moi et le fait qu’on ai eu la chance de bosser avec Olivier ça fait vraiment plaisir. Maintenant j’ai hâte d’avoir les retours de tout le monde !

Cyprien : C’est pas notre premier EP mais dans un sens c’est vrai que c’est un peu un renouveau sur tout. Sauf peut-être justement notre façon de composer, on a appliqué la même méthode, on apporte un truc puis on construit par dessus de proche en proche.

Julien : La composition s’est faite assez naturellement pour l’EP, dès que quelqu’un avait une idée de riff, il la proposait et chacun trouvait quelque chose qui lui plaisait à faire dessus tout en restant cohérent dans les structures.

Lounès : À l’origine les morceaux de l’EP sont presque tous venus d’idées qu’on a eu pendant des jams entre nous. À partir de là on a créé des structures pour les morceaux qui ont évolué au fur et à mesure des concerts. Pour travailler l’enregistrement de l’EP on s’est surtout focalisé sur la précision, on a beaucoup travaillé les musiques qu’on avait choisi pour cet EP au métronome. Ensuite on a travaillé individuellement et en groupe sur des petits détails : enchaînements, breaks, sonorités… J’ai personnellement passé quelques temps à réfléchir sur quels breaks de batterie je voulais à tel endroit pour que ça sonne bien.

E : Vous avez récemment sorti le clip de « 4 boys in a Lake » une création homemade, dites nous en plus sur vos inspirations pour ce clip ?

Enzo : Que ce soit pour ce clip ou pour les autres que j’ai fait pour Cheap Teen, je me suis toujours inspiré de mes réalisateurs préférés, Gus Van Sant et Richard Linklater. Ils ont une façon de filmer la jeunesse avec une très grande justesse. C’est toujours ce que j’essaye de faire avec le groupe. Justement avec ce clip, je voulais vraiment montrer une bande de jeunes adultes en train de redevenir des enfants le temps de quelques minutes avant de grandir (c’est une sorte de transition de l’ancien Cheap Teen au nouveau).

Cyprien : On voulait surtout faire une sorte de parodie punk DIY des clips de l’été avec une piscine.

Lounès : C’est pas moi qui ai eu l’idée de base du clip mais après l’avoir trouvé on a cherché tous ensemble les différents plans qu’on pourrait faire avec la piscine surtout, tout restant dans le côté DIY.

E : Quel message voulez-vous transmettre à travers vos textes ?

Enzo : Je raconte beaucoup d’histoires, je ne passe pas forcément de messages. En tout cas, je ne dis pas aux gens quoi faire ou quoi penser, je n’expose que des faits et des pensées.

Cyprien : Notre malaise en temps que jeunes qui n’ont pas forcément un avenir radieux avec la société actuelle.

Julien : Les paroles sortent principalement de l’imaginaire d’Enzo mais il peut y avoir des paroles plus sensibles sur ce qu’il se passe actuellement dans notre société.

E : Vous avez joué dans différentes salles, quel concert vous a le plus marqué ? 

Enzo : Un très beau souvenir est celui de notre passage au Supersonic en novembre 2019, Lounès pourra très bien vous en parler !

Cyprien : Notre concert à Crozon en juillet 2019, c’était un super délire, une mini tournée.

Julien : De mon point de vue, c’était le Supersonic en Novembre 2019 en première partie de Bad Breeding, l’ambiance était assez impressionnante et le public était extrêmement réceptif, c’était un vrai bonheur ce concert.

Lounès : J’ai toujours l’impression que chaque concert est mieux que le précédent mais le concert qui m’a le plus marqué est sûrement le Supersonic de novembre 2019. Ce n’était pas la première fois qu’on y jouait mais ce jour-là il y avait vraiment beaucoup de monde. On a aussi failli ne pas pouvoir y jouer à cause d’une histoire plus personnelle. J’étais en route avec mon matos de batterie dans le RER, j’ai été arrêté par des flics. J’ai été emmené en garde à vue et relâché juste avant le concert. Sinon le concert au Supersonic de cet été était exceptionnel également.

E : Avez-vous un rituel particulier avant de monter sur scène ?

Enzo : Pas vraiment, on s’échauffe les muscles en faisant des exercices dignes des plus grands sportifs. On fait aussi beaucoup de blagues pour détendre l’atmosphère.

Julien : C’est vrai on s’échauffe les 20 minutes avant de monter sur scène, et certains échauffements sont assez drôles à regarder ahahahah !

Lounès : D’ailleurs on se fait souvent juger par les autres groupes pendant cet échauffement mais je trouve ça vraiment super utile de s’échauffer le corps en plus de s’échauffer spécifiquement pour l’instrument, comme ça quand on arrive sur scène on est déjà à fond !

E : Quels sont vos projets après la sortie de cet EP ?

Enzo : Faire un maximum de concerts, partir en tournée, ce serait l’idéal. Et même si on ne s’arrête jamais, composer pour éventuellement faire un nouvel EP ou un premier album, il y a tellement de choses qu’on aimerait faire.

Cyprien : Faire des concerts oui, on aimerait tellement, ça nous manque à un point incroyable.

Julien : Je pense que ce qui nous fait le plus envie après tout ça c’est bien évidemment refaire des concerts. Mais on va également se replonger dans la composition et probablement réorganiser une tournée après l’annulation de celle d’avril dernier.

Lounès : En ce moment les répétitions sont compliquées alors on a quelques nouveaux morceaux mais on est moins efficace pour la composition. Par contre, on réfléchit déjà à des futurs clips et enregistrements.

Merci aux garçons de Cheap Teen d’avoir pris le temps de répondre à nos questions 🙂

Vous pouvez suivre Cheap Teen sur insta : @cheap_teen , youtube et Facebook