Musique

HSRS : la musique au jour le jour

Dis-moi EMIE, HSRS, c’est qui ?

HSRS est une jeune chanteuse que nous avons découverte avec son titre du même nom ! Son univers nous a intrigué, on a voulu en savoir plus sur sa musique, son parcours et sur la sortie de son album. On vous laisse découvrir !

E : Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

H : Je suis HSRS, Julie. Je suis chanteuse depuis l’enfance mais disons que j’ai commencé à chanter professionnellement à 24 ans. J’ai lâché des études de Sport pour pouvoir chanter tout le temps. Je suis de La Ciotat à la base et ça fait 10 ans que je suis principalement sur Paris.
J’ai appris en autodidacte à peu près tout ce que je fais. J’adore apprendre.
C’est un grand vecteur de joie chez moi. J’ai appris la guitare pour m’accompagner, puis la prod et maintenant j’apprend la vidéo. Je réalise des clips depuis peu. Ça me plait.

E : Que signifie HSRS ?

H : HSRS signifie High Self Reset System.
C’est quand tu as besoin de remettre à zéro tout ce qui te concerne. Le choix des mots, des pensées, de ton entourage, comment ta vie est articulée. Pour aller vers l’épure de toi. C’est ça le concept. Dans la réalité ça peut prendre une vie. En tout cas la décision est là et tu ne pourras pas revenir en arrière.

E : Quand as-tu eu le déclic pour la musique ?

H : Ma mère a retrouvé une lettre très claire que j’ai écrite à 7 ans.
Dans cette lettre je disais que je serai une artiste sinon rien. Complètement ouf cette lettre. Depuis je ne crois pas avoir remis ce fait en doute. La motivation est indépendante du succès. Je continuerai à être une artiste. J’ai écouté beaucoup de Jazz vocal enfant. J’ai appris à chanter par mimétisme.
Artiste pour moi ça va de : La manière de poser sa fourchette sur une table, à être sur scène ou regarder quelqu’un. C’est un état de vie où la création est une part intégrante de soi.

E : Comment décrirais-tu ton style ? Quelles sont tes influences ?

H : Mon style est évolutif, il est personnel aussi, j’ai du mal à copier, même quand j’essaie avec entrain haha !
De mon ancien groupe Bessa à DNA (le premier EP d’HSRS) y a un gros virage.
Sur DNA j’avais besoin de sortir sans trop réfléchir, c’est une musique patchwork, analogique parce que j’utilise beaucoup les machines j’aime les boutons, ma voix et ma guitare. J’ai écouté beaucoup de musiques chantées, absorbé énormément de mélodies, ça passe par la mélodie, le riff et la texture, dans un format assez déstructuré.

Sur Bessa la maison de disque me demandait de faire des changements sur les morceaux pour les simplifier ça me rendait folle.

Je suis rythmée par des périodes de vie, d’ingestion et de digestion. Quand je découvre un album ou un artiste qui me retourne par son approche personnelle ça infuse lentement. Il y a des périodes de créations intenses. Ca peut durer 2 ou 3 ans. Là j’expérimente différentes parties de moi.

Ensuite j’ai eu une période Mariah Carey, Céline Dion aussi. Puis Erykah Badu, Jill Scott. Ensuite j’ai écouté les premiers albums de Sia, Télépopmusic, Air, James Blake, Feist, Bon Iver, puis Arca, Radiohead, Bjork (je préfère perso ces chansons pop du début, elle avait une énergie si pure, joyeuse !)

Après j’ai écouté beaucoup Mockasin, sa façon d’être, tranquillement, ça m’inspire beaucoup,
Willow Smith, LA priest, récemment, King krule, Brian Eno, Fiona Apple, Mount Kimbie, Oneohtrix Point Never, Flavien berger, Oklou, Walter Mecca, The books, Infinite bisous, MGMT, Aphex Twin, Peaches.

David Bowie, Johny Mitchell, Mr Oizo, Snoop Dog, Tupac, Sébastien Tellier, Bibio, Clark, Massive attack, XXYYXX, Blood Orange, Toro y Moi. Je peux remplir la page, j’ai beaucoup de musique classique aussi, mes influences c’est absolument tout ce que je vis tous les jours aussi.

E : Tu as sorti ton premier titre HSRS avec un clip qu’on a beaucoup aimé, on aimerait que tu nous en parles un peu plus, qu’est ce qui t’as inspiré, quel est le message que tu souhaitais transmettre et surtout qui est cette femme fantastique que l’on retrouve aussi beaucoup sur ton Instagram, ta grand-mère ?

J’ai fait les choses à l’instinct, depuis quelques années. Un jour, avec la copine de mon frère, on va voir ma grand mère dans sa chambre. Elle vit dans une EPAD depuis peu. J’avais pris la veste en laine rouge et bleu et une tenue noire pour moi. Je voulais faire des photos avec ma grand mère. Une des photos est devenue la cover de l’album.

Plus tard je rencontre Renaud Ducoing en prenant des cours de réalisation avec lui.  On s’est apprécié, il a écouté HSRS et m’a proposé de co-réaliser le clip d’HSRS. Je savais que je voulais partir du même plan que la cover.

On avait prévu plusieurs actions pour ma grand mère et moi. Elle est atteinte d’une dégénérescence sénile depuis 2 ans. Elle nous a offert autre chose. On a dû s’adapter à elle pour recueillir ce cadeau précieux. Elle parlait dans toutes les prises, elle chante à la fin. Rien de tout ça n’était prévu. Au montage on a compris ce qu’on était venu filmé. On a gardé l’improvisation, jeté le reste.

E : Ton album sort le 27 novembre, il t’a fallu combien de temps pour réaliser ce projet et avec qui as-tu travaillé ? 

H : Oui ! Cet album je l’ai presque entièrement créé seule. J’ai été aidé sur le mix par Simon Gendrot, Kezo du studio Grand Ville et il a été masterisé par Sam John (Precise Mastering).
Conseillée aussi par Joseph Morice des Love Supreme de temps en temps. Sinon j’ai tout fait.
Sur 3 ans environ parce que je l’ai fait par bout, et j’ai grandi avec. Dans ma façon de proder, d’enregistrer. Je sortais de ce projet Bessa où je ne me sentais pas capable de faire les choses par moi même totalement, ou même de partager dans la musique avec d’autres, sereinement. Je n’arrivais pas à délimiter mon espace vital de création. C’est difficile d’être entourée quand on est jeune parfois. Je savais pas comment dire non je crois. Maintenant je sais. Ça change absolument tout.

E : Qui est la personne que l’on entend parler dans Djapoursen part II ? C’est un titre particulier, la musique ne vient qu’en fin pour quelques secondes, pourquoi ce choix ?

H : Djapoursen II est une interview tirée d’un enregistrement dans un village à l’est du Cameroun.
Quand j’ai arrêté Bessa j’étais déprimée. J’ai rencontré une fille dans un mariage à Londres, elle est scientifique. Elle finissait sa thèse sur l’extinction de certaines espèces dans cette jungle à l’est du Cameroun. Je lui ai proposé de l’accompagner un mois dans son expédition.

On est parties ensemble un mois après. Ça a été le voyage le plus enrichissant de ma vie. Une grosse gifle dans tous les sens du terme, de beauté et de dureté par rapport à la vie là-bas aussi.

J’ai écrit Baka dans le village (c’est le nom des Pygmées qui vivent dans la jungle environnante). Dans Djapoursen part I, on entend aussi des voix d’enfants. C’est enregistré sur place.

E : Si tu pouvais faire une collaboration avec un.e artiste, qui choisirais-tu et pourquoi ?

H : J’ai plusieurs collaborations en cours, je monte un groupe avec La rivière. Avec Gautier Vizioz, avec Franky Gogo sur de l’image. Tout ça est à l’état d’embryon mais j’ai plaisir a travailler avec ces personnes. J’ai collaboré avec Joseph Bird sur Miles en image, et sur Baka et Water song avec Hannah Rosselin, sur un clip documentaire, un format hybride, qui sortira début 2021. Si je peux faire une collaboration avec quelqu’un parce que je sens qu’il y a de l’envie et une sensibilité commune je le fais ! Mais pour répondre peut être Brian Eno 🙂

E : Quels sont tes projets à venir, tu dois espérer que la situation actuelle évolue dans le bon sens pour pouvoir présenter ton album sur scène non ?

H : On a monté un live depuis quelques mois avec mes amis Florent aka Virile et Delphine Langhoff et on a hâte de pouvoir le jouer c’est sur.

On a d’ailleurs filmer un live dans une configuration vidéo assez particulière et j’aimerai sortir ça bientôt … En attendant que les choses évoluent. J’essaie de penser au jour le jour. Une chose est sûre je vais pas arrêter l’art pour ça !

Merci à Julie – HSRS d’avoir répondu à nos questions ! 🙂

Retrouvez là sur Instagram @highselfresetsystem et Spotify !