Art & Photographie

MELPZVC : une tatoueuse qui mêle art et artisanat

Dis-moi EMIE, Melpzvc, c’est qui ? 

Melpzvc est une jeune tatoueuse et architecte basée à Paris que nous avons découverte sur Instagram. Elle a récemment ouvert son propre salon de tatouage @melrose.studio.tattoo. Elle nous parle de son parcours, de ses inspirations, de sa technique de tatouer en handpoke et de ses futurs projets !

E : Tout d’abord peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

M : Mon vrai prénom n’est autre que Mélissa mais je préfère qu’on m’appelle Mel. À 29 ans je suis architecte de formation et désormais une toute jeune tatoueuse exerçant à Paris, où je vis depuis 3 ans.

@melpzvc
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E : Comment t’es venue cette passion pour le tatouage ? Parle nous de ton parcours ?

M : J’avais 20 ans lorsque je me suis faite tatouer pour la première fois et je n’avais pas du tout le même rapport au tatouage qu’aujourd’hui. Je pense avoir eu le déclic lors de mon année passée à Montréal, il y a 4 ans. Là bas il y a une richesse d’artistes et de styles incroyable et la culture du tatouage est totalement ancrée dans la jeunesse québécoise J’ai donc peu à peu développé une véritable passion pour cet art corporel. À l’époque, je commençais tout juste ma carrière d’architecte, après avoir effectué des études en arts puis en architecture à Montpellier et Milan, et l’idée de me lancer dans le Tattoo me faisait déjà de l’oeil. Installée dans ma routine, le dernier confinement m’a tout simplement donné l’opportunité de renouer avec le dessin que j’avais délaissé depuis un moment mais aussi le courage de franchir le cap.

Je me suis ainsi formée en autodidacte pendant cette période pour finalement en faire mon métier à plein temps depuis septembre. Je crois que pour beaucoup cette année 2020 aura été une vraie prise de conscience et de remise en question professionnelle.

E : Quelles sont tes sources d’inspirations ? 

M : Tout ce qui me touche au quotidien, mes voyages, mes souvenirs, les livres d’illustrations. Ma passion des fleurs et du végétal me vient de ma grand-mère, je déniche dans la nature une multitude d’idées et de formes à expérimenter en dessin. J’essaye aussi de m’accorder plusieurs fois par mois des journées off pour me rendre à des expositions afin de m’inspirer et me renouveler dans ce que je propose. Enfin, comme beaucoup je passe des heures sur Instagram à la recherche de nouveaux artistes tatoueurs.

@melpzvc
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E : Comment définirais-tu ton style ? (symboles, natures, animaux)

M : Je ne pense pas vraiment avoir de style car je n’en suis qu’à mes débuts et j’aime l’idée de varier constamment les thématiques de mes flashs pour ne pas me lasser. Néanmoins le fait main est un point central dans mon travail. Tous mes dessins sont réalisés à la main sur papier et réalisés sans machine avec une simple aiguille. Cet aller retour entre art et artisanat est un point essentiel dans ma démarche.

 

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E : Tu tatoues beaucoup de symboles croates/bosniaques, c’est quelque chose qui te tient à cœur ?

M : Enormément, c’est une façon pour moi de rendre hommage à mes origines. Je suis bosniaque de par mon père et toute ma famille paternelle vit entre la Croatie et la Bosnie. C’est une belle manière de faire connaître les traditions des Balkans, une culture souvent méconnue, et empêcher leur extinction. Je mets un point d’honneur à informer les personnes intéressées par ce genre de tatouages sur l’histoire et la provenance de ces symboles.

@melpzvc
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E : Tu travailles en handpoke comment cela fonctionne ? Pourquoi avoir choisi cette technique ?

M : Le handpoke est une technique (ancestrale) de tatouage sans machine, autrement dit l’art de tatouer à la main. Pratiqué par une minorité de tatoueurs, le handpoke m’a attiré assez naturellement pour son côté « retour aux sources » et parce que je n’avais pas spécialement envie de faire comme tout le monde. Ici, tout se fait manuellement avec une aiguille de tatouage classique trempée dans de l’encre où le but est de réaliser une multitude de petits points qui viendront ensuite former des lignes ou des ombrages. Je considère le handpoke comme une expérience différente. Beaucoup moins douloureux mais en revanche plus long qu’un tatouage effectué avec une machine, le handpoke offre une sensation plus douce.

@melpzvc
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Cette technique étant silencieuse, sans bruit anxiogène, elle permet de détendre les clients et leur offre un moment beaucoup plus personnel propice à la discussion, aux échanges et parfois même à la méditation ! Enfin la peau étant moins agressée, la cicatrisation est plus rapide, et permet également de tatouer des zones réputées « sensibles » ou techniques (doigts, mains, oreilles, visage…). C’est extrêmement agréable de pouvoir communiquer pendant la séance et de créer un véritable lien avec la personne en face, car le dessin marqué à vie sur une peau est aussi associé à un moment, une personne, une rencontre. Selon moi, le handpoke a tendance à sacraliser cet instant, ce qui rend l’acte de tatouer encore plus beau à mes yeux.

E: Tu as récemment ouvert ton propre studio de tatouage, tu peux nous en dire plus ? Penses-tu inviter des guests ?

M : Je crois énormément aux signes de la vie et je pense que ce studio en est un. L’idée du studio m’est venu sur un coup de tête en juin et en quelques jours je signais pour l’ouverture du Melrose Studio en septembre. Je tenais vraiment à exploiter au maximum mes compétences d’architecte, j’ai donc développé une identité visuelle cohérente avec le lieu que j’avais imaginé allant de l’aménagement spatial au choix des couleurs. Pour moi ce studio devait être à la fois chaleureux, intimiste et singulier d’un point de vu architectural mais surtout inclusif et bienveillant d’un point de vu moral. Bien sûr les guests font partie du projet mais avec la situation sanitaire actuelle c’est un peu compliqué à mettre en place, d’autant que j’ai dû fermer les portes du Melrose pour une durée indéterminée après seulement 7 semaines d’ouverture.

@melpzvc
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E : Tu es vegan, on voit que de nos jours que de plus en plus de gens se tournent vers ce mode de vie, comment cela se traduit dans ton métier ?

M : Pour moi, intégrer mes valeurs et ma philosophie de vie dans ma pratique était inéluctable ! Vegan depuis 3 ans, je me suis donc renseignée sur les marques/produits dits cruelty free et composés sans ingrédient d’origine animale afin de m’équiper de façon éthique (encre, solution nettoyante, soin, stencils …) J’essaye aussi d’orienter mes clients vers des alternatives plus naturelles pour le soin et l’entretien de leurs tatouages.

E : Penses-tu également ouvrir un e-shop afin de vendre tes illustrations ? 

M : Les illustrations sont dans ma « to do list » spéciale confinement mais pas d’e-shop prévu, du moins pas pour cette année. L’illustration est une activité que j’aimerais développer en parallèle du tatouage sur mon temps libre.

E : Enfin comment travailles-tu pendant ce confinement ? Quels sont tes futurs projets (flashs …) ?

Je suis partie me confinée à la campagne, auprès de ma famille, où je continue de dessiner et de proposer des flashs régulièrement. Je travaille également mes outils de communication, tout en attendant avec impatience de retrouver mes aiguilles et d’exercer le métier qui me rend la plus heureuse !

Merci à Mel d’avoir pris le temps de répondre à nos questions ! 

Vous pouvez retrouver Mel sur Instagram : @melpzvc et @melrose.studio.tattoo