Musique

WE HATE YOU PLEASE DIE : le rock à l’état pur

Dis-moi EMIE, We Hate You Please Die, c’est qui ?

We Hate You Please Die est un groupe qui mêle garage, punk et rock originaire de Rouen. On avait découvert  Raphaël (chant/ guitare), Mathilde (batterie), Joseph (guitare) et Chloé (basse) grâce à leur premier album « Kids Are Lo-Fi« . On a voulu en savoir plus sur leurs inspirations, leur nouvel EP « Waiting Room » sorti pendant le confinement, leur premier concert postcovid au Supersonic et leurs futurs projets !

E : Tout d’abord pouvez-vous vous présenter ?

R : On est We Hate You Please Die, on vient de Rouen une ville banale mais sympa comme beaucoup de villes moyennes. On existe depuis 3 ans mais à nous 4 on a 102 ans.

E : Comment pouvez-vous décrire votre musique pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

R : Je dirais melty-punk digéré de pop, de garage et d’autres choses plus ou moins brutales. L’idée est de faire des chansons incisives et urgentes, avec quand même une belle place pour la mélodie et le fun.

E : Quels artistes vous influencent le plus ? 

R : Je cache pas que j’ai une passion immodérée pour System of a Down, la scène garage californienne actuelle et la dream pop. J’aime beaucoup le cinéma dystopique et l’œuvre de Terry Gilliam.

J : J’ai un amour inconditionnel pour la scène garage-punk des Etats-Unis, Ty Segall, OSees, Meatbodies… Grosse inspi mais j’écoute aussi beaucoup d’autres choses, notamment Gorillaz depuis toujours, Eels, Arctic Monkeys (les deux premiers albums surtout)

M : Comme Joseph j’aime beaucoup la scène garage des États-Unis comme Jay Reatard, Fuzz… Puis aussi Mommy Long Legs et Surfbort sont des grosses sources d’inspiration pour ma part !

C : C’est clair qu’on se retrouve tous sur la scène garage/punk des USA ! Et sans parler du groupe, je dirais que le post-punk et la cold wave sont des influences pour moi.

E : Quel message voulez-vous transmettre à travers votre musique ?  Souhaitez-vous défendre une cause en particulier ?

J : Les textes de Raphaël parlent de plein de choses différentes, désordre sociétal, la vie du monde de la nuit, la répression, l’amitié… Du coup il y a pas vraiment de message très précis genre porte-étendard d’une cause, mais c’est sensé soulever pas mal de petits questionnements internes dans la tête de ceux qui se penchent un peu de près sur les paroles

R : L’idée c’est de parler des choses qui nous émeuvent ou qui nous révolte (même si on est parfois pas les premier.e.s concerné.e.s) et l’impuissance que ça peut provoquer. Du coup ça déborde sur un trop-plein d’émotions, un gros canon de colère et de rage. Souvent c’est les sentiments d’injustice et d’incompréhension qui dominent.

Pourquoi on arrête pas tout ce bordel ? Pourquoi nos dirigeants ressemblent à des méchants de Die Hard? Pourquoi les egos de chacun rendent OK l’idée de tout détruire ? Comment on refait le monde ? Avec des petites actions ou des gros coup d’éclats ? Et pour mettre quoi après ? Pourquoi on espère vivre ensemble si on nous éduque à devoir être le meilleur ? Pourquoi on est encore en train de bouffer des animaux alors qu’ils devraient avoir autant le droit de vie que nous et qu’on a vu qu’il suffit de peu pour que ça provoque une pandémie ? Globalement l’absurdité de l’existence et la frustration que ça engendre est un bon sujet, Albert Camus est très inspirant là dessus.

E : Vous avez récemment sorti un EP « Waiting Room » pouvez-vous nous en dire plus ? Qu’est-ce que vous avez voulu apporter de nouveau par rapport à votre premier album ?

R : Waiting Room c’était l’EP qu’on a sorti pendant le confinement, on trouvait que le nom était cool par rapport à cette période. Il évoquait aussi ce moment d’attente avant notre prochain album, une sorte de mise en bouche. Après tu peux le voir aussi comme la salle d’attente avant l’effondrement de la civilisation. C’est aussi une très bonne chanson de Fugazi ! Sinon globalement il suit les traces du premier album qu’on a sorti très vite après la formation du groupe, sauf qu’on joue un peu mieux ! Quoique…

E : Vous avez joué votre premier concert postcovid avec le Supersonic, comment s’est passé ce retour sur scène ?

J : C’était au Trabendo, mais organisé par le Supersonic. C’était la première fois que j’appréciais la rentrée scolaire !

R: C’était tellement un magma d’émotions ! Peut-être un des meilleurs moments sur scène de ma vie !  Il y’avait tellement de libération, de catharsis, d’éclatage de frustration, genre un vrai truc avec les gens….

M : C’était hyper intense ! J’étais hyper stressée pour ma part. Je me suis sentie comme à notre tout premier concert.

E : Vous avez notamment joué à Rock en Seine/Printemps de Bourges, quel concert vous a le plus marqué depuis le début du groupe ? Dans quel festival ou évènement rêvez-vous de vous produire ?

R : Rock En Seine justement était assez énorme, en terme de monde c’était du jamais vu pour nous et la réception des gens était magnifique. À plus petite jauge, notre date à la Boule Noire à Paris était assez chargée en émotion.

J : Perso le concert aux Terrasses Du Jeudi à Rouen (concert gratuit en plein air en juillet 2019) m’a énormément marqué. Ça faisait longtemps qu’on avait joué à Rouen et on y a dévoilé pas mal de nouveautés devant pas mal de copains, c’était le feu !

M : La Boule Noire j’en garde un souvenir de fou. Ce soir-là on s’est pris une vague d’amour en pleine tête !

E : Vous êtes à l’initiative (notamment Raphaël) de la compilation «  Sick Sad World Music », comment vous est venu cette idée ? Pensez -vous sortir une 2ème édition ?

R : Le truc c’était de pouvoir agir sur plusieurs tableaux. Comment aider pendant le confinement les personnes les plus précaires, car au final le virus ne met que plus en exergue les inégalités sociales. Aussi, c’était pour garder un souffle artistique chacun depuis chez soi.

L’idée d’une compilation solidaire me trottait dans la tête depuis quelques temps, faire un truc avec des groupes que j’aimais ou que j’ai eu l’occasion de croiser. 41 groupes ont répondu à l’appel pour enregistrer une reprise des années bénies 1990-2000 (le fun de cette époque était parfait pour faire face à cette période). Tout en respectant le confinement, à savoir enregistrer avec les moyens du bord et chacun chez soi !

La finalité était de récolter des dons via cette compilation et les gens ont été mega généreux. Plus de 6500euros pour le secours populaire, je ne les remercierais jamais assez. Un volume 2 est en train de mûrir, je sais pas encore le thème, ni combien de groupes, mais les thématiques ne changent pas, du fun et de la solidarité.

E : Quels sont les artistes que vous écoutez le plus en ce moment ?

R: Tapeworms et Johnnie Carwash, mes chouchous du moment ! Beaucoup d’OST des studios Ghibli.  Sinon je phase à fond sur une track de Guizmo qui sample une musique de l’anime Saint Seiya (les chevaliers du zodiaque) qui s’appelle « c’est tout » .

J : Perso j’écoute pas mal de trucs un peu noisy et garage en ce moment, genre Gee Tee, Kitchen People, Negative Space, les nouveaux Oh Sees, Metz. Du coup c’est intéressant car les influences varient aussi avec le temps, et la musique qu’on fait suit le mouvement

C : Kompromat, Sextile, Viagra Boys, Bryan’s Magic Tears

E : Vous avez déjà sorti un album et plus récemment un EP, quels sont vos projets pour le futur ? 

R : Un nouvel album oui ! On l’enregistre en octobre, pour (on espère) une sortie au printemps.

J : Pour les nouvelles dates en ce moment c’est assez chamboulé, avec notre tourneur 3C on en parle presque tous les jours. C’est tellement compliqué de se projeter à moyen comme à long terme. On s’adapte et surtout on essaie de trouver des nouvelles idées pour donner des concerts cools malgré la Covid.

M : Le nouvel album qu’on a vraiment hâte d’enregistrer ! Et on espère pouvoir refaire des concerts de manière régulière au plus vite aussi.

Merci à WHYPD d’avoir pris le temps de répondre à nos questions ! 🙂

Vous pouvez retrouver le groupe sur Spotify, Insta @wehateyoupleasedie_ , Facebook et sur Band Camp !

Découvrez également les photos de leur concert au Supersonic pour leur grand retour sur scène ici !