Musique

SAYCET : sa musique à l’image

Dis-moi EMIE, SAYCET, c’est qui ?

Emie a connu SAYCET en 2015 avec la sortie de son titre Mirages. Un artiste électro qui jongle entre ses albums et la musique à l’image sur différents projets. On a discuté avec lui de son projet pour Canal+ avec Le Roi Bâtard et Netflix avec La Révolution ainsi que son prochain album. On vous laisse découvrir  !

E : Peux-tu te présenter en quelques mots ?

S : Je m’appelle Pierre et je suis celui qui se cache derrière SAYCET, un projet que j’ai commencé en 2005. Je suis compositeur de musique électronique. Je fais un album environ tous les 5 ans et à coté je fais de la musique de film.

E : Quand et comment as-tu découvert cette passion pour la musique et l’électro ?

S : Je dirais que je n’ai pas eu de déclic précis, ça a toujours été là  J’ai eu la chance d’avoir un père qui s’est offert un Synthé quand j’avais 4 ans et donc j’ai pianoté dessus quand j’étais tout petit, ça ne m’a pas lâché.

Après à l’adolescence quand j’ai découvert des albums comme Portishead par exemple je me suis c’est vraiment ça que je veux faire, ça devenait plus concret.

Pour la musique électronique, moi je suis né dans les années 80, donc je suis un peu né avec et j’ai grandit avec naturellement.

E : Tu as récemment réalisé la BO du documentaire Le Roi Bâtard sur Canal+ aux cotés de Laurent Garnier. Tu peux nous en dire plus ?

S : C’était vraiment un projet titanesque. C’était aussi assez fou de vouloir ce coté musique électro à 100% sur un film documentaire animalier. Le film est assez étrange, documentaire-fiction sur le vrai rapport des lions entre eux c’est très violent mais très moderne à la fois. Owen, le réalisateur, a suivi un lion pendant 12-13 ans pour faire ce documentaire et le processus pour la musique a été très long aussi je dirais qu’on a travaillé plus de 8 mois dessus. Plein de temps de pause, on arrêtait, on reprenait, parce qu’il avait une dizaine d’années de rush à monter ! On a commencé à m’en parler en 2018 et j’ai envoyé mes bandes sons en juin 2020.

Pour la musique il y avait vraiment l’envie d’avoir une double BO. Laurent a été appelé pour faire tout ce qui était épuré et ambiance et moi pour le côté électro même techno parfois et émotionnel.

On a pas travaillé ensemble dans le sens où on a pas travaillé au même endroit, on s’est parlé mais on connaissaient déjà les scènes où il y allait avoir du SAYCET ou du Laurent Garnier. On s’est juste partager le travail et moi par exemple j’écoutais ce qu’il faisait pour ensuite construire mon travail aussi pour garder une certaine cohérence.

Mais c’était assez chouette de voir le projet se construire au fur et à mesure.

E : On retrouve notamment ton titre MOTHER dans ce documentaire. Tu peux nous parler de la création de ce titre ?

S : C’était de base un titre qui devait seulement figurer dans mon prochain album et à un moment ils cherchaient un passage un peu plus clippé. Je composais, je composais mais on arrivait pas à trouver et parallèlement je travaillais sur ce titre pour mon album alors je leur ai proposé en l’envoyant à la supervision musicale et ça leur a plu direct ! Il restera l’ouverture de mon prochain album, c’est un peu un titre à deux têtes.

C’est un titre assez profond, je l’ai commencé avant le confinement et je l’ai peaufiné pendant. Pour moi on était déjà pas dans une période très joyeuse et je pense que ce titre a un peu cristallisé tout ça. C’est un titre qui raisonnait bien avec 2020. C’est le titre le plus noir de l’album, il est dense, le son est assez saturé, épais, profond.

E : On te retrouve aussi pour La Révolution sur Netflix, c’est là aussi un projet très important, un expérience très intense. Comment ce projet s’est créé ?

S : Mon profil correspondait à ce qu’ils recherchaient, alors on m’a envoyé un scénario, sans avoir d’images et j’ai passé un casting en proposant une musique de 2-3 minutes et tout a commencé comme ça. J’ai trouvé que c’était un projet vraiment ambitieux pour une série française et ce sont des producteurs très jeunes et c’est ça qui m’a beaucoup plus. Ils avaient vraiment une nouvelle vision, loin d’être traditionnelle donc j’avais vraiment la possibilité de faire plein de choses. Ils m’ont fait confiance et plus on avançait plus c’était un plaisir de travailler sur ce projet, J’ai fait plus de 4 heures de musique on est sur du 30 minutes de musique par épisode environ.

On est sur de la musique électronique, dedans j’ai mit un quatuor à cordes, un clavecin, du synthé, j’ai eu la chance de pouvoir proposer ses idées et qu’elles soient acceptées. Aujourd’hui tout le monde veut tout contrôler et là d’avoir cette possibilité c’est super. Sur le fond il y avait bien sûr l’avis de Netflix qui jouait beaucoup mais pour la forme j’ai pu vraiment avoir carte blanche.

J’ai eu une super équipe et pendant 3 mois c’était si intense que quand ça s’est terminé ça faisait bizarre ! Heureusement que j’avais mon album à finir à coté pour pouvoir switcher avec ça !

E : Justement ton nouvel album va bientôt sortir après 5 ans. C’est le retour de SAYCET. Pourquoi ce temps d’attente ? Tu peux nous parler du projet ?

C’est un album instrumental, il n’y aura pas de chant. Il y a des titres un peu plus binaire, techno, d’autres plus profonds comme Mother, d’autres avec du piano. C’est un peu un retour à mon premier album mais une version plus adulte je dirais maintenant.

J’ai la grande chance de ne pas être dépendant des ventes de disques ou concerts pour pouvoir vivre de ma musique car à coté je fais de la musique à l’image. J’ai pas cette pression qui me pousserait à faire des albums chaque année pour pouvoir vendre et partir en tournée. C’est un peu le cercle infernal du musicien aujourd’hui. Pour moi ce n’est pas forcément sain de tenir ce rythme sans prendre de recul. Je recherche vraiment une vraie différence avec mes albums précédents donc je laisse passer du temps pour qu’il y ai un vrai changement qui se ressente à chaque fois. Après la peur de ne pas sortir quelque chose de juste rapidement est peut-être là aussi.

Je crois beaucoup au rapport entre l’artiste et les gens qui l’écoute. Ce rapport d’attente, qui peut parfois être de la frustration, est important. Ceux qui aiment ce que je fais savent que si je prends le temps de sortir quelque chose c’est pour qu’un vrai résultat soit au rendez-vous, je vais faire vraiment ça avec le coeur. Je suis plus vers de l’artisanat que vers le : faire de la musique pour alimenter une machine, un système.

E : Tu nous parle de piano, tu as fais un titre avec Joseph Schiano Di Lombo.

S : Oui j’ai fait une collaboration avec Joseph, c’est le titre qui clôturera l’album. On s’est rencontré et ça s’est fait naturellement. C’est un mec que j’aime vraiment beaucoup !

E : Quels sont tes projets à venir maintenant ?

S : Alors là je travaille sur un prochain film réalisé par une actrice française. On lui a proposé mon travail, j’ai fais des essais et le deuxième lui a plu. C’est à l’extrême inverse de ce que j’ai fais avec La Révolution et c’est ça que j’aime, c’est super de travailler sur une ambiance différente, des émotions différentes. J’ai vraiment envie de continuer à produire de la musique de film, je pense même que j’ai toujours voulu commencer par là. J’adore travailler en équipe, être dirigé, travailler ensemble, s’encourager c’est important pour moi donc j’ai vraiment l’envie de continuer là dedans.

Merci beaucoup à SAYCET d’avoir pris le temps d’échanger avec nous.

Retrouvez Le Roi Bâtard sur Canal+, La Révolution sur Netflix et suivez SAYCET sur Instagram @saycet pour suivre ses actualités !