Mode

CYPRÉE : le made in France avec des étoffes précieuses et colorées

Dis-moi EMIE, Cyprée, c’est qui ?

Cyprée est une jeune marque de vêtements originaux et made in France pour femmes. Derrière Cyprée se cache Sandrine, une créatrice Parisienne qui confectionne des pièces uniques à la main. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur son parcours et découvrir ses jolies pièces en vrai !

E : D’où t’es venue l’idée de créer ta propre marque ?

S : Je dirais que c’est grâce à l’alignement de plusieurs planètes. L’envie de changer de route et d’avoir un métier plus manuel et artisanal tout d’abord. J’ai un rapport très sensible aux tissus. Toucher de belles matières et regarder leurs couleurs changeantes me procurent un plaisir dont je ne me lasse pas. Les assembler et créer quelque chose avec est devenu leur cœur de mon activité.

J’ai d’abord travaillé dans plusieurs médiathèques où je m’occupais déjà de collections, mais il s’agissait de livres et de films. Ceux-ci continuent d’ailleurs à m’inspirer dans la mise au point de mes modèles. Mon ancien métier me sert finalement beaucoup aujourd’hui à tous les niveaux. 

J’ai aussi ressenti le besoin de devenir maîtresse de mon temps de travail : par exemple consacrer plusieurs heures à peaufiner une finition si ça me chante. Il y a aussi une dimension politique dans ce choix, avec le souhait de voir se relocaliser en France des savoir-faire.

Ce qui m’a frappé il y a deux ans quand j’ai voulu lancer ma marque c’est quand je suis rentrée dans un Zara. J’ai vu des beaux manteaux noir ou bleu marine, très classique mais les coupes étaient pas mal. Je m’approche et je vois le prix, je me suis dis que les prix étaient tellement bas pour ce que c’était…ce n’est pas normal, il y a forcément un problème quelque part. Moi j’avais vraiment envie de créer des pièces de qualité, faites à la main avec des tissus français ou italien et puis que l’on puisse suivre le processus de A à Z, que l’on sache vraiment ce que l’on achète.

 

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E : Tu crées tes pièces toi même, peux-tu nous parler de ton processus de création et de ton apprentissage de la couture ?

S : Je couds de manière autodidacte depuis longtemps. J’ai baigné dans un univers de « chiffons », de tissus, de lainages car les femmes de ma famille cousaient et tricotaient beaucoup. J’ai eu rapidement en ma possession une machine à coudre, d’abord pour reprendre les vêtements que j’achetais et qui ne m’allaient jamais tout à fait. Puis j’ai appris à coudre mes propres tenues.

Il existe encore en France de nombreux fabricants qui permettent à de petites marques de se lancer. C’est ce qui m’a donné le déclic d’y aller alors que je ne viens pas du tout de ce milieu. Je n’ai pas fait d’école de mode et je n’avais pas de réseau avant de démarrer. J’ai juste suivi une formation précieuse aux Cours municipaux de la Ville de Paris pour avoir des bases solides en patronage et montage. J’ai découvert qu’il existe un écosystème très riche de jeunes marques françaises dont les créateurs ont des parcours divers. C’est très encourageant. J’adore l’idée que les métiers de la confection qui demandent beaucoup de connaissances et d’adresse recouvrent leurs lettres de noblesse. On commence à revoir des couturièr(e)s de quartier par exemple.

Alors oui désormais je créais mes pièces moi-même, à la commande et forcément il y a des délais plus longs que la normale. Alors pour donner envie je propose plusieurs options pour mes clientes. Je fais du semi-mesure, je m’adapte à la taille et à la morphologie de chacune grâce à mes patronages et je laisse le choix des détails, des tissus, des boutons..

J’ai aussi fait appel à de petits ateliers parisiens, une couturière indépendante et surtout à l’atelier Fer et Refaire de l’association de réinsertion Femmes Actives à Saint-Denis, qui m’a beaucoup aidée à produire le volume de pièces dont j’avais besoin pour mon premier salon.

 

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E : Lancer sa marque seule ce n’est pas simple, quelles sont les difficultés que tu peux rencontrer aujourd’hui ?

S : Quand on a pas de vrai atelier on travaille de chez soi alors quand j’ai du accueillir mon premier fournisseur j’étais gênée au début mais au final tout s’est bien passé et puis maintenant que mes pièces sont dans la boutique Rose Durantin à Montmartre, que je partage avec d’autres créatrices, je peux avoir mes rendez-vous là-bas et ça me permet d’y laisser mon stock. D’ailleurs j’ai eu la chance de trouver cette opportunité car c’est vrai qu’ aujourd’hui louer une boutique seule à Paris ou être dans un pop-up c’est vraiment excessivement cher pour des petits créateurs qui débutent.

Mais il y a bien sûr des avantages, on fait beaucoup de rencontres. Je prends moi même en photos mes pièces sur des mannequins et c’est elles qui viennent à moi aujourd’hui donc c’est toujours super d’avoir ce genre de retours et de travailler en petite équipe, on peut parler, échanger, être à l’aise, c’est ça la liberté d’un petit créateur.

 

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E : Les tissus que tu utilises sont très originaux, où les trouves-tu et comment les choisis-tu ?

S : Ce n’est pas si évident de trouver de belles matières originales mais je voudrais continuer de faire faire mes tissus en France car c’est important pour moi. J’avais vraiment l’envie que l’on puisse suivre toute la chaîne, expliquer d’où vient le tissus et pour cela il faut s’adresser à des fabricants français pour pouvoir les rencontrer et échanger. J’utilise aussi parfois des fins de rouleaux que je peux chiner à Montmartre et sinon je travaille aussi avec fournisseur Italien. Les bords-côtes je les fait fabriquer à Valenciennes et j’ai aussi un fabricants de boutons dans le 18ème. En cherchant un peu on se rends compte qu’il y a encore pleins de fabricants en France avec qui on peut travailler même si on fait des petites séries.

Moi mon principe c’est que je marche vraiment au coup de coeur, j’axe vraiment ma recherche sur la matière plus que sur la coupe. J’ai vraiment une relation charnelle avec ces matières et la résonance qu’elles ont avec la nature et les paysages. J’aime aussi la brillance des riches brocarts que j’utilise pour les blousons. Ils me permettent de revisiter des coupes que l’on associe au street wear pour les féminiser.

L’ADN de ma marque, c’est vraiment ça : les étoffes précieuses.

 

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E : Quelle serait la pièce phare Cyprée ?

S : Moi j’aime beaucoup les blousons, je dirai ma première pièce, le Teddy Charade en velours côtelé. Je me suis inspirée d’un film dans lequel Audrey Hepburn a joué et dedans elle porte plein de manteaux différent, elle est habillé par Givenchy et elle a notamment un petit manteau à col rond et je m’en suis inspiré pour ce blouson. À la place du zip, j’ai préféré mettre de jolis boutons. Les manches légèrement froncées en font une pièce habillée qui reste adaptée au quotidien des femmes.

 

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E : La femme Cyprée ça serait qui pour toi ?

S : Je dirais plutôt une femme enfant. Je pense souvent à des comédiennes ou des chanteuses qui incarnent une certaine fraîcheur et un esprit Nouvelle vague. J’aime beaucoup l’univers sentimental teinté d’autodérision de Clio, une chanteuse cinéphile. J’ai aussi découvert Milena Leblanc dont j’ai adoré la chanson Plein de bisous, un peu dans le même esprit. Je verrais bien Flora Benguigui (L’Impératrice) ou Adélaïde Chabanne de Balzac (Thérapie Taxi) porter mes blousons fleuris. Mais aussi des comédiennes à la beauté naturelle comme Audrey Tautou, Anaïs Demoustier et Ana Girardot

Je pense aussi à des femmes qui portent bien les robes rétro. J’adorerais habiller Blanche Gardin par exemple !

E : On a remarqué que certaines de tes pièces apparaissaient dans des clips ça fait quoi de voir ses vêtements portés ?

S : Je trouve ça toujours émouvant de voir mes pièces portées. Mes pièces en brocart ont été récemment choisies par des chanteuses de hip hop et de RnB pour leurs clips : Anina, Ocevne et Maud Elka. Un univers auquel je n’ai pas pensé au départ parce-que je le connais mal, mais qui a été une sorte de révélation. J’en profite pour remercier l’équipe de l’agence F141 pour avoir perçu la possibilité de cette rencontre. Je suis très fière de voir une chanteuse comme Anina, qui affiche une détermination et une puissance incroyable dans son clip avec le bomber Marilyn. 

 

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E : Quels sont tes projets ?

S : Alors là je vais continuer d’agrandir ma collection avec une réserve de tissus que j’ai encore. J’aimerais proposer des tenues complètes et donc permettre d’associer un blouson à d’autres pièces du vestiaire féminin, short, pantalon, jupe, sweat. Il manque aussi une première robe à laquelle je commence à réfléchir, toujours avec une touche rétro !

J’ai beaucoup d’idées qui me viennent, on m’a déjà demandé si je pouvais faire des pièces pour hommes alors j’y pense. Ils commencent à délaisser l’uniforme gris, c’est bon signe ! Sinon pourquoi pas des pièces pour les enfants un jour. Je réalise déjà certaines pièces pour mes filles et je me dit que c’est quelque chose qui pourrait fonctionner avec Cyprée. Mon rêve un jour ça serait vraiment d’avoir ma propre boutique atelier avec les rouleaux de tissus à porter de main et pouvoir accueillir les modèles, les clients, faire les essayages..

Merci beaucoup à Sandrine de nous avoir parlé de sa marque Cyprée et de nous avoir présenter ses pièces au showroom de l’Agence F141. Retrouvez notre IGTV juste ici pour découvrir nos 2 pièces coup de coeur 🙂

Suivez Cyprée sur Instagram @cypree_paris ! Retrouvez les pièces Cyprée sur le site cyprée-paris.com et dans la boutique 30 rue Rose Durantin dans le 18ème arrondissement de Paris.