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NICOLAS PRADO – TONTON LA MITRAILLE : la photographie à travers différents univers

E : Dis-moi EMIE, Nicolas Prado, c’est qui ? 

Nous avons découvert le travail du photographe Nicolas Prado sur Instagram. Il y poste son travail sous le nom de Tonton la mitraille. Il revient sur son parcours photographique, sa manière de mettre en avant les personnalités de chaque modèle, l’origine de sa passion et plein d’autres choses qu’on vous laisse découvrir tout de suite !

E : Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

N : Je m’appelle Nicolas Prado, j’ai 34 ans et je vis à Paris.

E : Qu’est-ce qui t’as donné envie de te lancer dans la photographie ?

N : Depuis aussi longtemps que je me souvienne j’ai toujours aimé prendre des photos ! Mes diverses expériences professionnelles et mes voyages m’ont permis d’exercer mon œil. La base c’est l’envie de bouger, d’être au contact, de faire des rencontres et de garder les yeux grands ouverts. J’ai toujours été fasciné par les images fixes, la composition, la force du message, de l’instantané.

E : Quelles ont été les étapes importantes dans ton apprentissage de la photographie ?

N : Je crois que les grandes étapes ont toujours été marquées par la confiance et la reconnaissance de proches. Ma mamie me disait que je faisais des belles photos au jetable. Puis il y a eu les premières photos au collège avec les potes, mon premier argentique, un nikon F3, et mon premier voyage qui m’a valu mon surnom de Tonton La mitraille. L’apparition d’Instagram a été majeure aussi. C’était la première fois que j’affichais mon travail et que j’en tirai une reconnaissance qui sortait de mon cercle. Ensuite on se prend au jeu, on bosse, on affine son œil, sa technique, son rapport au sujet, au cadre. La photo a toujours été pour moi un prétexte au mouvement, à la découverte, aux rencontres. Il y a de ça 4 ans mon ancienne DC, Jasmine Loignon, m’a donné ma chance sur un job pour Yves Saint Laurent.  Je m’étais dis alors « si ça passe, je pose ma démission ». Du coup j’ai posé ma démission je me suis lancé à corps perdu dans la photo et j’ai fini par rencontrer mon agent, Cendrine Gabaret.

E : Quelles sont tes influences et inspirations artistiques ? Les photographes que tu apprécies le plus ?

N : Mes premières influences venaient quasi toutes du reportage, en passant de Depardon à Koudelka, l’école Japonaise, beaucoup de noir et blanc. J’adorais aussi l’art du portrait, les photos d’Andy Warhol et des grandes stars du cinéma américains. J’ai pris une bonne claque après avoir découvert l’école américaine, ça me rappelait les tableaux de Edward Hopper. Puis j’ai découvert l’univers de la mode à travers mon travail, les classiques découpages de Jean-Paul Goude, l’esthétisme poussé à l’extrême. Aujourd’hui je suis bluffé par la créativité et le coté explosif de photographes comme Toni Brugnoli, Michelle Groskopf, Omizs ou des stylistes comme Ibkamara. Ça serait trop long de tous les citer mais ce qui est sûr c’est qu’en 2020 il faut garder les yeux bien ouverts !

E : Quels sont les sujets que tu souhaites mettre en avant aujourd’hui grâce à tes photos ?

N : Revenir à plus de reportages, transmettre le témoignage de ma génération, apporter mon regard sur le monde qui nous entoure. Je suis de nature curieuse donc je n’ai pas de sujets de prédilection mais je crois que le fondement de mon amour pour la photo c’est l’humain.

E : Que souhaites-tu transmettre à travers tes photos ?

N : Une photo c’est comme un tableau, un livre ou un film, le panel d’émotions est large. Je pense que la puissance d’une photo vient du regard de celui qui l’a prise, sa manière de poser les yeux sur le monde. Alors ce que j’aimerai transmettre c’est l’amour pour les autres, de la bienveillance et de la force !

E : Sur ton Instagram on peut voir que tu as réalisé de nombreuses photos pour des marques de mode ou accès mode, c’est un univers qui t’attire plus que les autres ? Qu’est-ce qui te plaît là-dedans ?

N : La mode est en effet une grande source d’inspiration pour moi. Quand je bossais dans la pub, en tant que DA, c’était le meilleur terrain d’expression. Plus radical, plus moderne, plus créatif. L’âge d’or de la mode a laissé son lot d’images iconiques qui m’ont beaucoup marqué. Puis sont arrivés des studios comme Toilet Paper qui ont commencé à briser les codes. Aujourd’hui encore la mode est sûrement le secteur le plus porteur en terme de créativité et de novation.

E : Tu réalises aussi de nombreux portraits et tes modèles ont souvent des expressions fortes sur tes images. Comment communiques-tu avec eux pour les faire ressortir?

N : J’essaye toujours de créer un lien avec eux, je ne vois pas vraiment mes modèles comme des modèles mais plutôt comme des humains que je rencontre. J’essaie de faire ressortir leur caractère propre plutôt que de les faire jouer un personnage. Une fois la confiance installée on peut s’amuser !

E : As-tu un souvenir marquant d’un de tes shootings que tu souhaites partager avec nous?

N : Ah je suis mauvais en anecdotes ! Tellement de souvenirs, le jour où j’ai fumé un cigare avec Harmony Korine, les shoppings de Clelia Cazals, ma rencontre avec Emilie Badenhorst, les barres de rire avec William Blanc. Chaque shoot est unique.

E : As-tu des idées ou des projets à venir ?

N : Pleins ! Le confinement m’a permis de prendre pas mal du recul sur mon travail. J’ai pleins d’idées de projets perso que j’aimerai réaliser, peut-être une expo à venir sur le thème du déconfinement. Momentum #1 (vente flash de tirages) a super bien marché j’aimerai bien le faire grandir, inviter d’autres photographes, trouver des sponsors, etc !

Merci à Nicolas Prado d’avoir répondu à nos questions ! 🙂

Pour suivre le travail de Nicolas Prado et en voir plus rendez-vous sur son Instagram @tonton_la_mitraille !