Musique

SLURP : le nouveau trio féminin engagé de garage rock

Dis-moi EMIE, Slurp, c’est qui ?

Slurp, c’est le nouveau groupe de garage rock français mené par trois filles passionnées par la musique des 60s (Margot Ricaud , Manon Sherlock et Angie Blackson).  On a pu échanger avec elles sur les artistes qui les influencent, sur leur nouveau single « Louise » et sur la difficulté d’être un groupe composé uniquement de filles dans le milieu de la musique. 

E :  Tout d’abord pouvez-vous vous présenter ? Comment avez-vous créé le groupe ?

S : On s’appelle Slurp et on fait du rock. On est un groupe qui vient de région parisienne et on joue ensemble depuis juin 2018, quand Angie nous a rejoint à la batterie. On a crée le groupe parce qu’on a toujours adoré la musique et qu’on voulait en faire aussi !

E : Comment pouvez-vous décrire votre musique pour ceux qui ne vous connaissent pas ? 

S : On fait du rock et on mélange quelques styles comme le garage, le punk ou la pop. On adore faire des concerts et on a hâte de reprendre après le confinement !

E : Pourquoi avoir choisi ce nom Slurp ?

S : On cherchait un nom simple, en un mot. On a cherché longtemps et fait de super longues listes de noms avant de trouver Slurp et on trouve que ça sonne bien donc on l’a gardé.

E : Quels artistes vous influencent le plus dans le milieu de la musique ? 

S : On est influencées par la musique qu’on écoutait petites comme The Clash ou le Velvet Underground. Ce qui est cool c’est que le post-punk fait son come back avec pas mal de groupes anglais comme Idles ou Life. Ce sont des groupes qu’on aime beaucoup et toute la scène anglaise est méga intéressante en ce moment. On écoute pas mal Hinds et Sorry aussi !

E : Quel message voulez-vous transmettre à travers votre musique ? 

S : On essaye d’être positives et de parler de changement. Surtout de féminisme parce que le sexisme nous touche directement. On essaye de faire passer un message pour faire bouger les choses. On a plusieurs chansons qui parlent d’agressions ou de viol. C’est pas super fun mais c’est une discussion qui est importante à avoir alors on écrit sur le sujet. La société occidentale n’est pas prête de changer mais en attendant le pot de départ du patriarcat ça serait cool de commencer à parler des minorités, surtout dans les milieux artistiques où on a l’opportunité d’inventer le monde dans lequel on aimerait exister. Notre métier c’est de raconter des histoires alors on écrit sur nos expériences et sur comment on aimerait que ça change.

E : Vous avez récemment sorti votre nouveau single « Louise », pouvez-vous nous en dire plus ? Quel thème voulez-vous aborder ? 

S : Louise c’est une chanson d’amour qu’on a écrite l’an dernier. Elle a pas vraiment de message à part l’amour inconditionnel pour une personne. Juste un peu de love dans ce monde parfois triste.

E : Vous chantez à la fois en anglais et en français, pourquoi avoir fait ce choix ? 

S : On chante surtout en anglais, on est plus à l’aise. Je crois qu’écrire dans une autre langue que sa langue maternelle ça pose des barrières et ce qui en sort est plus honnête et beau pour nous. Avant on avait une reprise de La Chanson de Prévert dans notre set pour faire plaisir à ceux qui voulaient nous entendre chanter en français. Mais on a arrêté de la jouer pour faire un set avec que nos chansons.

E : Vous êtes un groupe de filles, est-ce plus compliqué ou est-ce une force ? 

S : C’est un peu des deux et l’un entraîne l’autre. On a pas commencé le groupe en se disant « On va faire un groupe de filles », c’est venu comme ça parce qu’on est copines alors on a fait un groupe ensemble. C’est avec les remarques et les comportements auxquels on a fait face qu’on s’est rendues compte que c’était hardcore. Le milieu de la musique est très sexiste alors être une femme dedans c’est pas toujours facile, personne est là pour t’expliquer quel comportement avoir face aux discriminations que tu vis alors être trois c’est une force, si on était seules ça serait plus difficile. On se soutient les unes les autres et on avance ensemble. Nos chansons sont devenues plus politiquement engagées parce qu’on a été mises dans plus de situations ou nos sexes étaient un fardeau. Alors on l’a transformé en force.

Je crois qu’être une femme dans la musique c’est compliqué mais qu’on ne doit pas se laisser abattre. Plus il y a de femmes dans le public, plus il y a de femmes sur scène, plus il y a de femmes dans le public, etc… On est toutes là pour se serrer les coudes et c’est chouette. C’est parfois triste de se rendre compte à quel point les minorités sont sous-représentées dans la musique. On croise rarement de groupes composés entièrement ou dirigés par des femmes, des personnes queers ou des personnes racisées. C’est impératif que les programmateurs prennent en compte l’inclusivité dans leurs salles et festivals et pas seulement pour des soirées en non mixité une fois tous les 6 mois, on est en 2020 faut se bouger le cul.

E : Vous avez joué à L’International, à la Boule Noire, au Supersonic… Quel concert vous a le plus marqué et pourquoi ? 

S : C’est toujours super fun d’être sur scène mais le Supersonic c’est un de nos endroits préférés où jouer. Le lieu est super, les concerts sont à entrée libre, ils ont une super programmation alors c’est toujours cool d’en faire partie. En temps normal on y est même les soirs où on joue pas, surtout pour les soirées karaoké.

E : Pouvez-vous nous citer 3 artistes que vous écoutez en ce moment ? 

S : Le premier album de Sorry vient de sortir et il est super, HMLTD pareil et Shamir aussi c’est très chouette. Bonne écoute!

E : Pour conclure, quels sont vos projets pour le futur ? 

S : En ce moment on fait plus de concerts parce que Covid-19 oblige donc on compose. On va enregistrer des chansons et continuer de créer et on verra ce qu’il se passera dans le futur !

Merci aux filles de Slurp d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

Vous pouvez les retrouver sur Spotify, Youtube et Instagram !