Art & Photographie

LANA – L’ANASONGE : une illustratrice guidée par ses émotions

Dis-moi EMIE,  Lana, c’est qui ? 

Lana est une jeune illustratrice de 20 ans, plus connue sous le nom de @lanasonge. Elle nous partage sur sa chaîne youtube : ses moments de vie, ses doutes et ses illustrations. Nous avons pu parler avec Lana de ses débuts en tant qu’illustratrice, ses inspirations, des thèmes qu’elle aborde à travers ses œuvres et ses futurs projets.

E : Tout d’abord peux-tu te présenter ? Peux-tu nous parler de ton parcours ?

L : Je m’appelle Lana. Je suis une jeune créatrice bretonne âgée de 20 ans et je vais bientôt entamer ma troisième année de vie dans cette charmante ville, (éprouvante parfois) qu’est Paris. Je filme des moments de vie depuis à peu près tout le temps. Il y a de ça 1 an et demi environ, je me suis décidée à me créer à nouveau une chaîne YouTube. 

L’année de mes 18 ans, j’ai déménagé à Paris pour suivre une hypokhâgne-khâgne. J’y ai fait des rencontres incroyables, des personnes dotées d’une fibre artistique et créative folle. Je leur porte une grande admiration. J’y ai découvert l’art, ça a été une année d’ouverture sur le monde et sur moi-même.

Je pense avoir été particulièrement marquée par tout ce microcosme artistique car l’année de khâgne qui a suivie, je suis partie. J’ai compris que j’avais moi aussi une fibre artistique à exprimer et une créativité à exploiter, ma place n’était pas là derrière un bureau d’école. Ça a commencé par la création de vidéo, l’exploration des arts créatifs ensuite, pour arriver aujourd’hui au fait de dessiner chaque jour et de créer des illustrations tout en réalisant encore et toujours de vidéos sur YouTube. 

 

 

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E : Qu’est ce qui t’as donné envie de te lancer dans l’illustration ?

L : Pendant très longtemps, je ne me suis jamais vue et reconnue comme créative, alors même que je passais la plupart de mon temps libre à filmer, à prendre des photos et à faire du montage vidéo. À priori, ça n’a rien à voir avec l’illustration mais dans mon cas je crois bien que si. 

Je me rappelle que je ne me sentais déjà plus à ma place dans cette formation. Fun fact, c’est à ce moment là que j’ai commencé à dessiner mes journées sur un carnet. C’est parti d’une idée amusante : essayer de décharger un peu sur le papier la densité de ce qui se passe dans une journée en prépa. J’y ai vraiment pris goût et à ce propos, plus les journées passaient plus je passais mon temps à dessiner. 

Après avoir quitté la khâgne, je me suis donc mise à creuser là-dedans, tout en reprenant mes vidéos sur YouTube : me voilà donc à parler de mes carnets de dessins et de bullet journal, de création et de créativité, de challenge artistique et ainsi de suite…

 Au fur et à mesure de mon parcours sur YouTube… 

J’ai découvert de nouvelles chaînes YouTube : celles de Cheyenne Barton et d’Ectomorphe (illustratrices). Je découvrais à travers leur parcours, qu’il était possible de poursuivre professionnellement là-dedans. C’est à ce moment-là que j’ai découvert l’illustration. Je me suis directement identifiée à elles et je me rappelle d’ailleurs me sentir toute stimulée par leurs vidéos en me disant secrètement que, peut-être, je pourrais moi aussi me diriger là-dedans. Moi qui jusqu’à lors n’avais jamais eu la moindre idée concernant ma voie professionnelle, j’avais découvert ce jour là mon chemin. 

Les mois ont passé et j’ai poursuivi mon chemin et mes expérimentations créatives. L’envie de m’essayer à l’illustration a pris sa place petit à petit, notamment car c’était encore très récent pour moi à ce moment là. En écrivant cela je me rends compte que ça a été un processus plutôt rapide, mais je l’ai vécu très progressivement en réalité. 

Je me suis créée tout un espace axé sur la création en m’entourant sur les réseaux sociaux de créateurs et de créatrices qui m’inspirent. Au bout d’un moment je me suis lancée, je crois que cette envie là était plus forte que moi.

Je ne me vois plus faire autre chose.

 

 

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E : Comment as-tu trouvé ton style ?

L : Je ne suis pas sûre d’avoir trouvé mon style. Je pense que ce qui constitue un style, c’est premièrement la « pâte », la « plume » de l’artiste, qui se travaille évidemment mais qui est différente chez chaque personne. On a tous notre propre écriture et je pense que c’est à peu près la même chose avec la manière de dessiner. Cela se travaille et peut évoluer mais on retrouvera toujours ce petit détail qui fait qu’il s’agit bien de l’art d’une personne et pas d’une autre. Aussi, je le dis souvent mais je pense qu’on a tous.te.s une vision du monde singulière que l’on vit chacun.e dans notre tête. Cette manière d’appréhender le monde, elle se retrouve dans l’art de chacun.e.

La deuxième chose qui influe pour moi dans la formation d’un style c’est l’environnement de l’artiste. Ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il sent, comment il ressent les choses autour de lui. Tout ce qui est en contact avec l’artiste va influer sur son art. C’est le champ de l’inspiration et c’est avec cette inspiration qu’on crée quelque chose de nouveau. 

LANA
LANA – L’ANASONGE
E : Quelles sont tes inspirations en général ? Plus particulièrement dans le dessin ?

L : En terme d’artistes je dirais Cheyenne Barton, Victoria Sand et Halber Mensch (Anna Shepeta) pour l’instant, mais j’ai encore beaucoup d’illustrateurs et d’illustratrices à découvrir !

Autrement tout. Tout se qui se dévoile à mes sens. Ça donne une espèce de cocktail qui me donne ensuite envie d’illustrer une certaine atmosphère, une certaine lumière, un certain sentiment. Je suis quelque peu une éponge à émotions, à atmosphères ou que sais-je… Je ressens beaucoup (trop parfois) de choses et je crois que quelque part c’est bien cela qui m’inspire.

Après je peux faire une petite liste de choses que j’aime particulièrement ! J’adore la pluie, le brouillard, la musique, les boissons chaudes, les couvertures, les pulls, les repas chaleureux en famille, la montagne, l’enfance, les chats, les livres…

Tout ça, c’est magique pour moi. Ah oui ! J’adore tout ce qui dégage une atmosphère magique !

E : Quels sont les thèmes que tu aimes le plus aborder à travers tes illustrations ? (Ton quotidien, tes souvenirs) 

L : Hm… je crois qu’il s’agit pour moi de captures. Des captures de moments que j’ai saisi en marchant dans la rue, en sentant une odeur particulière, en regardant les passants… Je ne suis pas certaine qu’il y ait un thème en particulier. Je fonctionne beaucoup par images et par ressentis, ce que j’illustre c’est souvent une atmosphère, une émotion, voire plusieurs émotions. 

E : Tu dessines principalement des portraits, pourquoi avoir fait ce choix ?

L : Je ne crois pas que ce soit un choix. Je n’ai pas particulièrement opté pour les portraits, j’aime dessiner des personnages et les intégrer dans un décor ou une scène en particulier, mais les deux vont ensemble. En revanche, il est vrai que je ne me verrai pas, pour l’instant en tout cas, illustrer quoi que ce soit sans personnage. 

E : Tu dessines également des planches de BD, penses-tu sortir une BD complète avec tes dessins ? 

L : La BD est un format qui m’attire énormément mais je peine encore à me l’approprier. Pour l’instant j’expérimente encore beaucoup et je me recherche à travers ce média car je n’ai pas encore été convaincue par mes essais. Mais une chose est certaine, j’aimerais beaucoup en réaliser une un jour.

 

 

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E : Quelle est l’illustration dont tu es la plus fière Lana ?

L : Peut-être celle que j’avais postée le 2 février 2020 sur mon Instagram, où je parle du soulagement que peut procurer une séance de thérapie. Ce n’est pourtant pas celle qui me plaît le plus esthétiquement mais j’y suis très attachée et je me rappelle avoir été très fière de moi une fois l’illustration terminée. J’avais tout juste reçu ma tablette graphique et je ne me savais pas capable d’illustrer ainsi. À posteriori, j’aime beaucoup cette illustration et j’en suis fière dans le sens où je suis parvenue à retranscrire parfaitement ce moment que j’ai vécu, à travers mon regard. Cette scène, elle a bien eu lieu et ça me touche énormément de savoir qu’elle est inscrite quelque part.

 

E : Tu as récemment créé un compte sur Patreon, qu’est ce que cela t’apportes ? 

L : Patreon c’est une plateforme qui me permet d’aller plus loin dans la professionnalisation de mon activité en me permettant notamment de poursuivre cette même activité grâce au financement de mes abonné.es. Je propose des abonnements mensuels (de 2€ à 10€) avec différentes contreparties en lien avec mon activité d’illustratrice.

Par exemple, je partage chacune de mes illustrations en qualité optimale (car sur Instagram la qualité est assez médiocre et on voit très mal les détails) ; j’organise un concours tous les mois permettant à un.e abonné.e de remporter une de mes illustrations ; je propose les time lapses de création de mes illustrations ; j’envoie une illustration chaque mois, etc. J’ai commencé au mois de mars. C’est encore assez récent et je suis encore en train d’ajuster les abonnements car au fur et à mesure de l’expérience, je me rends compte de ce que j’aime faire et de ce que j’ai envie de proposer et inversement.

C’est une superbe plateforme. Elle permet aux personnes qui souhaitent soutenir mon travail, de le faire pour la durée de leur choix (1 mois ou plus). En tant que créatrice, j’ai vraiment besoin d’un financement pour pouvoir continuer mon travail. 

E : Penses-tu vendre tes illustrations sur Etsy ? 

L : Oui, c’était un de mes projets pour cette année 2020 et j’y travaille actuellement : l’ouverture est prévue pour ce mois-ci !

E : Tu t’es récemment lancée en freelance, comment fais-tu pour gérer tes 2 activités d’illustration et de vidéos sur Youtube ?

L : Et bien, je trouve progressivement un rythme qui me va et je suis ravie d’avoir ces deux activités car je peux valser de l’une à l’autre lorsque j’ai un blocage dans l’une ou quand j’ai simplement besoin de souffler un peu. Aussi, j’ai l’impression que dans mon cas ces deux activités sont indissociables car l’une et l’une s’influencent et s’enrichissent mutuellement. J’ai presque le sentiment qu’il s’agit d’une activité à part entière. Je ne me verrai pas exercer l’une sans l’autre, à travers mes vidéos je peux partager mon quotidien d’illustratrice et mon expérience. Elles sont en quelque sorte complémentaires. C’est en ce sens là que je parviens à les développer toutes les deux.

E : Peux-tu nous en dire plus sur tes futurs projets ?

L : Pour l’instant, je souhaite surtout me concentrer sur mes commissions, l’ouverture de ma boutique en ligne, ma page patreon et mes vidéos sur YouTube. C’est beaucoup de travail et après tout c’est encore assez récent donc j’aimerais bien consolider tout cela.

À l’avenir et à côté de tout cela, j’aimerais beaucoup illustrer des livres.

Merci à Lana d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. 

Vous pouvez retrouvez son travail sur Instagram, Youtube et sur Patreon !