Cinéma

JEANNE LYRA : une jeune réalisatrice engagée

Dis-moi EMIE, Jeanne Lyra, c’est qui ?

Nous avons découvert Jeanne Lyra via sa chaîne YouTube. Elle y propose du contenu très instructif, nous parle d’amour et de culture. Elle a aussi réalisé ses premiers courts-métrages dont un en éco-tournage, elle nous en parle aujourd’hui.

E : Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore et comment t’es venue cette passion pour le cinéma, le monde de l’audiovisuel en général ?

J : Je m’appelle Jeanne, j’ai 24 ans. J’habite à Paris et j’ai pour ambition de devenir réalisatrice de cinéma. Pour le moment, je fais des courts-métrages auto produits et aussi du contenu sur YouTube et Instagram : j’y partage ce qui m’anime et m’inspire. Ça va du féminisme à l’écologie, en passant par le cinéma ou des moments de ma vie. Ma passion de l’audiovisuel, c’est sûrement par le clip : je suis tombée amoureuse d’un clippeur de rap à 19 ans, j’ai adoré ses histoires. Après, il y a eu le clip de Virile de The Blaze. Puis pour le cinéma, c’était « Mektoub my Love » de Kechiche. C’est venu tard. J’ai toujours aimé l’art, sous pleins de formes, mais je n’ai pas eu une culture cinéma étant jeune. C’était plus de la peinture et de la photo. Puis j’ai toujours aimé filmer mon quotidien…

E : Tu as tourné ton premier court-métrage Les Vagues, un rêve s’est réalisé pour toi, qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?

J : Tant de choses : déjà une capacité de travail insoupçonné, une passion absolue, des « collègues » qui sont surtout des amis, de la confiance, de l’envie d’en faire mon métier et puis de la fierté forcément. Je ne sais pas, ce tournage, c’était un peu une révélation. Quand je travaille pour ça, je ne compte plus rien, j’ai plus besoin de dormir. Ça me rend vivante !

Les Vagues
Les Vagues

 

E : Tu as plus récemment réalisé SOPHIE, un court-métrage pour le Nikon Film festival. L’histoire de Sophie, une femme qui semble être épuisée par son train de vie et qui vit avec son fils Léon, jeune adolescent curieux. Qu’as-tu voulu montrer dans ce court-métrage ? Ce n’était pas trop dur de raconter tout ce que tu voulais transmettre en seulement 2 minutes ?

J : Je crois que je voulais parler de deux sujets qui me touchent et me questionnent beaucoup : le féminisme et l’écologie. Je voulais le faire de manière insidieuse parce que ce sont des sujets de notre quotidien à tous. C’est toujours dur de devoir faire des choix sur ce que l’on veut dire, j’ai été accompagnée par une superbe assistante réal, Julia Folio, qui m’a beaucoup aidé dans l’écriture et la mise en scène, mais on apprend aussi en faisant ! Je suis ravie du résultat, et de ce que j’ai réussi à dire. Même si chacun aura sa lecture du film et ne verra pas forcément « tous » les détails ou toutes les intentions.

E : On y retrouve cette relation mère-fils que l’on retrouve dans de nombreux films, comme ceux de Xavier Dolan par exemple, c’est un sujet qui t’inspire ?

J : C’est les gens qui m’inspirent. Oui, évidemment, les relations humaines, ce qui se joue entre les gens. L’amour, ou l’absence d’amour.

E : À la fin Léon parle de la série des Parasites sur Canal + : L’effondrement. C’est une série qui nous a particulièrement marqué et si tu as fait le choix de la citer ici, on sait que toi aussi. Les Parasites étaient eux aussi d’abord sur YouTube puis maintenant la télé leur fait confiance et le résultat est dingue. Que penses-tu de cette série, le travail des parasites t’inspires aussi ?

J : Très contente que vous l’ayez remarqué ! Oui, Les Parasites sont évidemment des mecs qui m’inspirent ! Ils sont talentueux, ils sont jeunes, ambitieux, ils bossent entre amis. Ça donne vraiment envie ! Toujours est-il, je ne suis pas certaine que je travaillerai bien en équipe comme ça. D’ailleurs, on ne doit pas travailler de la même manière et nos ambitions ne sont pas les mêmes. En tout cas, c’est une excellente série que je recommande à TOUS.

E : La particularité de ce tournage c’est qu’il a été fait en éco-tournage tu peux nous en parler ? 

J : L’éco-production c’est comme son nom l’indique, de faire de la production mais de manière respectueuse de l’environnement. En diminuant son empreinte carbone au max. C’est à dire, par principe : réduire ou ne pas produire de déchets, favoriser le réemploi, réduire les transports, les lumières… J’ai suivi les conseils du collectif Ecoprod. Je retiens que c’est beaucoup de travail de préparation, mais que ça apporte aussi un grand sentiment de fierté de bien faire les choses : ça rassemble d’autant plus les équipes, ça force à réfléchir ensemble à des solutions concrètes, à être créatifs et inventifs. C’est chouette de se dire qu’on a fait les choses en respectant nos valeurs. Donc oui, c’est primordial pour moi de faire des éco-tournages pour mes films.

E : Tu as aussi une chaîne YouTube où tu proposes plusieurs concepts très cool comme par exemple : Les spots de Jeannot ou encore le Bilan culture ! Si tu devais faire un bilan culture de ce confinement qu’est-ce que tu as découvert de marquant ou touchant durant cette période et que tu aimerais nous partager ? 

J : Oh la la, pas mal de choses quand même… Habemus Papam de Nanni Moretti, En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis, le podcast Cerno, Piranhas de Claudio Giovanessi. Je partage souvent mes coups de cœur sur Instagram, c’est plus direct, mais je vais aussi faire un bilan culture de confinement 😉

E : C’est une période qui touche tout le monde et donc bien évidemment le monde de la culture. On sait très bien qu’avec ces conditions, il sera compliqué de repartir en tournage rapidement et cela demandera une toute autre organisation. C’est quelque chose qui te fait peur ?

J : Oui, je suis effrayée. Je prévoyais de demander des aides financières au CNC entre autres pour mon prochain court métrage et là, tout est bloqué pour une bonne année au moins… C’est très dur pour moi de me projeter dans ces conditions-là et c’est aussi pour cela que je passe des concours d’école de cinéma. J’ai vraiment peur de ce qui m’attend à la rentrée et je suis paumée. Cependant, je continue d’écrire, lentement, mais sûrement. Je crois que j’ai besoin de quelques jours encore pour me replonger dans « la vraie vie » et passer à l’action. J’ai quelques idées, mais je dois attendre la fin des concours pour les mettre en place ! Malgré tout, il n’est pas impossible de continuer à créer du contenu créatif et heureusement !

E : Quels sont tes futurs projets ?

J : Je finis mes concours (mine de rien, c’est très prenant, en création aussi). Ensuite, je finis un scénario en cours. Je tourne les vidéos YouTube qui traînent et que je veux faire depuis longtemps (parler de la contraception, faire des outfits seconde main, refaire un bilan culture ou des favoris…). Ensuite, j’aimerais partir en voyage en France filmer, écrire, réfléchir et aimer les gens que j’aime.

Sauf que comme d’hab’, la vie se passe jamais vraiment comme prévue ! Alors je verrai ! Je me laisse porter. J’aime bien vivre au jour le jour. Je ne crée pas forcément, mais je ne vis pas trop mal. Je trouve que c’est déjà important. Je suis indulgente avec moi-même, parce que les temps sont « durs ». Je ne m’inquiète pas, il y a une quantité de contenu à faire et à voir sur internet. Je reviendrai avec des choses dont je serai fière quand je serai prête ! Les choses bien faites prennent du temps.

Merci à Jeanne d’avoir répondu à nos questions ! 🙂

Rendez-vous sur sa chaîne YouTube et sur Instagram pour en voir plus et la suivre dans ses futurs projets.

YouTube : Jeanne Lyra

Instagram : @jeannelyra