Mode

PETITE CHINEUSE : le vintage réinventé

Dis-moi EMIE, Petite Chineuse, c’est qui ? 

Petite Chineuse est une marque française de prêt-à-porter vintage, créée par Hannah et Laura. Nous avons eu la chance de pouvoir échangé avec les co-fondatrices. Elles nous parlent ici de la naissance de leur projet, de leur passion pour le vintage mais également du lien qu’elles entretiennent avec leur communauté  et leur rapport aux réseaux sociaux.

E : Tout d’abord est-ce que vous pouvez vous présenter ? 

PC : Hannah est née à Paris, elle a obtenu un Master de droit avant de se lancer dans Petite Chineuse. Laura elle vient de Cannes, elle a fait des études de communication et a travaillé pendant un an dans un salon de mode professionnel avant de rejoindre Hannah dans l’aventure. On s’est rencontrée début 2018 et une grande amitié s’est tout de suite créée. Depuis, pas un jour sans que l’on s’appelle. 

E : Comment vous est venue l’idée de créer votre marque ?

PC : Hannah a toujours chiné, depuis l’enfance. Ses parents sont de grands passionnés de vintage et elle a grandi dans un univers de vides greniers et de brocantes, ce qui lui a permis d’affiner son oeil. Après avoir fait ses études de droit, elle a eu envie de se pencher vers une activité plus créative et a voulu mettre à profit sa passion du vintage pour proposer de jolies pièces, préalablement chinées, aux personnes qui n’ont pas le temps ni la patience de le faire. Elle a entrainé Laura dans l’aventure et elle a tout de suite été emballée par le projet.

Petite Chineuse
Petite Chineuse
E : Comment fonctionnez-vous pour choisir vos pièces, êtes-vous toujours d’accord ? 

PC : Globalement on s’entend assez bien en terme de style, même si dans la vie de tous les jours on a chacune le nôtre. Ça nous permet d’élargir un peu la gamme de pièces que l’on propose. Ce qu’on se demande toujours en chinant c’est « est-ce que je serai heureuse de porter ce vêtement », si la réponse est oui, alors on le prend ! 

E : D’où vous vient cette passion pour le vintage ?

PC : Comme dit précédemment, du côté d’Hannah, c’est une affaire de famille ! Du côté de Laura, bien qu’elle ait toujours été fascinée par le dressing de jeunesse de sa mère, c’est surtout une question d’engagement écologique. On s’est rendu compte que le vintage est la meilleure alternative écologique à la mode, bien qu’elle ne soit pas la seule.

Ce qui est bien avec le vintage, c’est qu’on peut réellement créer son propre style. On ne dépend plus de ce que nous propose l’industrie de la mode, selon les tendances et les saisonnalités. Lorsqu’on se retrouve dans une friperie, on aime un vêtement bien qu’il soit perdu dans un tas d’autres. Chaque pièce nous répond, et ça permet de mieux se définir à travers ce l’on porte. 

Petite Chineuse
Petite Chineuse
E : Comment dénichez-vous vos pièces vintage ? Travaillez-vous toujours avec les mêmes partenaires ?

PC : On essaie de chiner partout là où on peut ! Friperies, brocantes, dépôts-ventes, à Paris et ailleurs… On en profite pour découvrir et visiter de nouvelles régions, c’est plutôt cool !

 C’est un travail constant, sans interruption. Heureusement que l’on aime ça !

E : On remarque que de plus en plus de marques se lancent dans la tendance vintage, comment arrivez-vous à vous différencier ?

PC : C’est vrai qu’on voit fleurir de plus en plus d’e-shop ou de comptes Instagram vintage et c’est d’autant plus rassurant pour nous puisque ça nous confirme l’intérêt grandissant pour le vintage ! Le vintage en ligne a été trop longtemps inexistant sur internet, alors aujourd’hui il y a de la place pour tout le monde. Toutes ces marques ont leurs univers bien à elles, on a également le nôtre, c’est ce qui nous permet de nous différencier.

E : Les réseaux sociaux (notamment Instagram) vous ont aidé à vous faire connaître, pour vous est-ce une bonne plateforme pour les jeunes marques comme la vôtre ?

PC : Instagram permet de pouvoir s’exprimer à travers des images, des photos et d’exposer ses inspirations, son univers. C’est ce qui est important pour une marque, surtout dans la mode. On lui doit aujourd’hui la notoriété de Petite Chineuse et malgré la création de l’eshop, c’est à notre sens important de continuer à faire le lien entre les deux. Instagram permet évidemment de se créer une clientèle mais avant tout une communauté.

E : Votre clientèle est-elle majoritairement française ou étrangère ?

PC : C’est 50-50. On a beaucoup de clientes françaises, de Paris et de province. On a également une grande partie de notre clientèle étrangère et assez régulière. Parmi les principaux pays, on a de nombreuses clientes qui viennent des Etats-Unis, du Japon, de l’Espagne, du Royaume-Uni mais aussi d’Allemagne ! Très cosmopolite 🙂

E : Pensez-vous élargir votre cible et proposer des vêtements pour hommes ?

PC : Pour le moment ce n’est pas notre ambition. On souhaite vraiment continuer à proposer des vêtements qui nous ressemblent, qui correspondent à notre univers. En revanche c’est vrai qu’il y a une carence dans le domaine du vintage en ligne masculin et on encourage toute initiative de ce côté là !

E : Vous avez commencé à vendre sur Vinted, puis vous avez ouvert votre propre e-shop, pourquoi avoir fait ce choix ? Que pensez-vous de la montée de ces plateformes (Vinted, Depop) ?

PC : On a plutôt commencé à vendre sur Instagram, Vinted était pour nous un outil pour faciliter la transaction. On postait alors une pièce par jour sur l’Instagram de Petite Chineuse pour ne pas polluer le feed de nos abonnés ! Dix minutes après avoir posté la pièce, on recevait au moins 5 demandes d’achat et c’était première arrivée première servie ! Lorsque l’on s’est rendues compte de l’engouement des clientes pour nos pièces, on s’est lancées dans la création d’un e-shop et on a décidé de se consacrer à 100% à Petite Chineuse.

Vinted est une aubaine, une vraie révolution dans l’industrie de la mode. On y trouve de tout et on y passe des heures sans s’en rendre compte. Ce que l’on propose sur notre site, c’est une manière de trouver très rapidement et facilement des pièces qui correspondent à notre univers et qui sont passées entre les mains de notre contrôle qualité 😉

Petite Chineuse
Petite Chineuse
E : Vous avez organisé un événement à la galerie du Pop-Up du Label, pouvez-vous nous en dire plus ? Pensez-vous refaire ce type d’événement ? 

PC : On organise de temps en temps des Pop-Up, ce qui nous permet de rencontrer notre communauté mais aussi leur permettre d’essayer les vêtements et de toucher les matières. C’est une facette qui est très importante pour nous car ce qu’on aime avant tout c’est de pouvoir partager cette passion pour la mode et le vintage ! Pendant nos Pop-up, on organise souvent des goûters, des apéros pour pouvoir partager du temps avec notre communauté tout en essayant des fringues ! On envisage d’en refaire vite, une fois que la situation se sera rétablie 🙂

Cette notion de communauté est très importante pour nous, on doit d’ailleurs aujourd’hui notre succès à nos « petites chineuses », les filles qui nous entourent depuis le début. Elles sont étudiantes, artistes, comédiennes… et toutes plus inspirantes les unes que les autres ! On organise régulièrement des dîners, pique-niques, soirées qui nous permettent de toutes se réunir et rencontrer leur entourage. On est toutes devenues amies au fil du temps. 

E : Avec ce confinement la mode a dû s’adapter, comment travaillez-vous pendant cette période ?

PC : Pour notre part, on a du stock de coté. Ce qui est pratique avec le vintage c’est que le vêtement est déjà produit ! On est chacune confinées chez soi, Hannah a la chance d’avoir une jolie cours fleurie dans son jardin. Elle en profite pour faire de jolies photos. Pour les photos des pièces, elles sont normalement prises sur les Petites Chineuses mais on a été contraintes de les prendre en studio (Hannah en a un dans sa rue). Sinon, on doit s’appeler au moins 8 fois par jour pour préparer la sélection de la semaine, la mettre en ligne etc.

E : Comment voyez-vous évoluer la marque ? Quels sont vos projets ? 

PC : Notre souhait est de pouvoir proposer de plus en plus de pièces dans nos sélections hebdomadaires, afin de pouvoir ravir le plus de clientes possible. Nous ne souhaitons pas pour l’instant ouvrir de magasin physique, mais nous continuerons ponctuellement à organiser des ventes, à Paris et en province, puis pourquoi pas à l’étranger ?

Merci à Laura d’avoir pris le temps de répondre à nos questions ! 🙂

Retrouvez Petite Chineuse sur leur site web et sur Instagram !