Art & Photographie

AURÉLIE CHANTELLY : une danseuse aux multiples talents

Dis-moi EMIE, Aurélie Chantelly, c’est qui ?

Aurélie Chantelly est une jeune danseuse d’origine antillaise. Aurélie vit et travaille entre Paris et la Martinique. Vous l’avez sûrement rencontré au Studio MRG entre deux cours. EMIE est partie à sa rencontre. Dans cette interview, elle nous livre son parcours artistique, son travail, ses projets et ses envies pour l’avenir.

E : Depuis combien de temps fais-tu de la danse ? D’où t’es venue cette passion ?

A : Je danse depuis mon plus jeune âge. Ma mère, avant moi, était danseuse. J’ai commencé par la danse traditionnelle de chez moi, en Martinique. J’ai expérimenté le classique pour ensuite finalement me pencher vers les danses urbaines telles que le hip-hop et la dancehall que je n’ai plus jamais quitté.

E  : Quel est ton style de danse et pourquoi ?

A : C’est difficile de parler d’un seul « style ». Je pratique majoritairement la dancehall aujourd’hui. Cependant, l’énergie de ma danse est grandement influencée par le hip-hop qui est la toute première danse avec laquelle j’ai commencé. J’ai pratiqué pendant très longtemps le hip-hop. J’ai aussi pratiqué quelques mois le krump, qui m’a inspiré cette énergie explosive. Ce style de danse m’a permis de retranscrire mon « ressenti ».

 

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E : On a entendu parler de tes cours dans certains studios de Paris, tu peux nous présenter ce projet ? 

A : En arrivant à Paris, j’ai été prise sous l’aile d’un chorégraphe du nom de Greg Cophy. Il m’a apporté beaucoup d’éléments, au niveau de la technique, de l’interprétation, du mental ou encore au niveau de la pédagogie.

 

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Le fait d’être son assistante m’a permis de donner mes premiers cours. Dans un premier temps, il s’agissait de remplacements mais tout ça m’a permis de gagner en assurance et de pouvoir, par la suite, accepter des propositions de workshops dans différentes villes et/ou événements.

Je ne donne pas de cours réguliers car ce n’est pas la partie du métier qui m’intéresse le plus. J’aime donner cours de manière ponctuelle pour partager mes créations chorégraphiques avec les autres.

E : Comment décrirais-tu tes chorégraphies ?

A : La plupart du temps, quand je décide de créer, c’est la musique qui me dicte quoi faire. C’est une vibe avant tout. Je sais immédiatement quand je dois réaliser quelque chose, quand mon cerveau commence à m’envoyer des signes haha. Je me projette beaucoup plus visuellement que chorégraphiquement quand ça arrive.

E : De quoi t’inspires-tu pour réaliser tes projets ?

A : La plupart de mes petits projets je les ai réalisé en Martinique. Les paysages font partis des éléments qui m’inspirent. Dans la vie de tous les jours, je suis photographe, c’est mon métier avant tout donc le visuel a une place très importante dans mes projets vidéos.

 

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E : Pour toi, de quoi un artiste ne doit pas manquer ? Pourquoi ? 

A : De liberté. La danse est devenue quelque chose de très commercial aujourd’hui. C’est une bonne et mauvaise chose car on peut vite tomber dans la surconsommation, la sur-création et ce, la plupart du temps pour répondre à une demande. Je pense que c’est important de s’écouter, de penser à soi, de ne jamais cesser d’être curieux et surtout de ne jamais s’enfermer dans son monde en se prenant pour acquis.
Pour moi, il est primordial d’échanger, de collaborer avec les autres.

E : Quelle est la danse que tu penses avoir le plus réussie (celle qui te ressemble le plus) ? Pourquoi ? 

A : J’ai un gros attachement pour le hip-hop car ça reste ma base. Cette danse est précieuse à mes yeux mais je me suis trouvée dans la dancehall. J’ai beaucoup poussé mon apprentissage ma technique et ma culture donc dancehall, sans hésiter.

E : Qui t’inspire ? Hommes comme femmes et pourquoi ?

A : Mon entourage. 80% de mes amis sont danseurs. Mon copain était krumpeur et c’est grâce à lui que j’ai pu toucher à cette énergie très dans le « ressenti » par exemple. Le fait d’être entourée de personnes qui viennent d’horizons différents, ça inspire tout simplement.

E : Pour être un bon danseur, il faut ? 

A : Ne jamais se prendre pour acquis. Bosser encore et encore !

E : Pour toi, la danse est synonyme de ? 

A : La danse, c’est une échappatoire. C’est un moyen d’expression. C’est le moteur de mes plus belles créations que ce soit en danse ou en photo. La danse c’est être qui on veut être. C’est être vrai avec soi-même.

 

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Pour être un bon danseur, techniquement, il faut certes connaître son corps, mais pour être un bon interprète il faut s’affronter soi, avant de pouvoir chercher à aller affronter un quelconque autre personnage. Pour moi être un bon danseur c’est être vrai. C’est un long processus…

E : Pour toi, dans le monde de l’entertainment l’image a t-elle un rôle important ou le talent prime ?

A : Dans le monde d’aujourd’hui, c’est de plus en plus l’image qui prime. 70% l’image et 30% de talent. C’est un avantage et un inconvénient…

E : Si tu devais militer pour quelque chose à travers tes créations ?

A : Militer c’est un mot fort haha mais l’authenticité c’est un point indispensable pour moi. À chacun de trouver sa manière de l’être. Je suis très fière de mes origines martiniquaises, je le clame sous toutes ses formes, que ce soit le groove, la diversité culturelle, les paysages dans mes vidéos etc. C’est jamais vraiment calculé, je suis qui je suis donc ça en découle dans tout ce que j’entreprends.

E : Ton souvenir artistique le plus inspirant ? 

A : Mon premier workshop à Bordeaux aux côtés de danseurs qui ont dansé pour de grands artistes comme Chris Brown, Janet Jackson ou Ne-yo… C’était extrêmement intimidant d’être avec une équipe de 4 profs, à la fois la seule femme, mais aussi la seule « inconnue au bataillon ». La confiance que les organisateurs ont eu en moi restera très clairement gravée. Ça a été une expérience incroyable du début à la fin.

E : La dernière découverte danse qui mérite un détour ?

A : Sophie May, c’est ma meilleure amie. Je l’avoue ça peut paraître « facile » mais c’est une danseuse et artiste, martiniquaise  extrêmement talentueuse au style et a la personnalité unique. Elle mérite clairement le détour.

 

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E : Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui aimerait se lancer ?

A : Regarder droit devant, ne jamais se comparer aux autres (jamais) bosser dur mais y trouver du plaisir.

E : Quel est ton prochain projet ?

A :  Pour l’instant, je suis focus sur mes entraînements, les retours aux bases, au freestyle. Mon seul projet pour le moment c’est de « revenir à l’essentiel », de me « mettre en danger » en participant à plus de battles, et de m’améliorer dans ma technique, ma présence , mon mental et pour la suite… On verra.

Merci à Aurélie pour cette interview.

Retrouvez-la sur ses réseaux :  @aureliechtll & @aureliechantelly !