Art & Photographie

JEAN RACLET : rencontre avec le photographe de Parcels

Dis-moi EMIE, Jean Raclet, c’est qui ?

Jean Raclet est un photographe français né à Angoulême, et basé à Berlin. Il nous parle de ses inspirations, sa rencontre avec Parcels et de sa première exposition « The Lost Art Of Privacy » organisée à Byron Bay.

E : Tout d’abord peux-tu te présenter ? 

J : Je m’appelle Jean Raclet, je suis né à Angoulême, en Charente. J’habite à Berlin, et je ponctue ça de quelques visites en France tout au long de l’année. J’y suis d’ailleurs en ce moment-même pour profiter pleinement du confinement.

E : Comment as-tu commencé la photographie ? 

J : Un peu par hasard. Un jour, quelqu’un a délicatement posé un vieil argentique entre mes mains, un boîtier simple avec un 50 mm. J’ai immédiatement adoré l’objet ; plus encore le geste qui consistait à regarder au travers. Par la suite, j’ai appris en forgeant, comme on dit.

@jeanraclet
E : Quels sont tes inspirations en général ? Et plus particulièrement dans la photographie ? 

J : Je lis un peu, par période. En ce moment, un peu de philosophie dont j’ai découvert il y a quelque temps qu’elle m’intéressait beaucoup. Je révère Cioran qui me fait rire à sa manière. France Culture diffuse tous les matins une émission (Les Chemins de la Philosophie) que je recommande. C’est toujours enrichissant. On y découvre énormément de concepts et de merveilleux auteurs, bien plus qu’on a le temps d’en lire en tout cas. La radio, en général, est une merveilleuse source de renseignements, je trouve.
Il y a quelques jours, je suis retombé sur un article mentionnant Cartier-Bresson et ses immenses connaissances en peinture, qui l’ont formé à la composition. Je ne saurais pas trop par quoi commencer, mais j’ai l’intuition que ça pourrait vraiment m’enrichir photographiquement.

J’admire le travail d’un nombre incalculable de photographes, parmi les contemporains ceux qui me passent par la tête : Maciek Pozoga, Tom Brenner, Daniel Arnold, Antoine Hénault. Chez les classiques, en musique, Terry O’neill et, en documentaire, Gilles Caron.

@jeanraclet
E : Tu travailles à la fois en numérique et argentique, que choisirais-tu entre les deux ?

J : J’aime les deux. Je travaille avec ces deux médias dans différents contextes et pour différentes raisons. 

E : Concernant la photo numérique, comment se passe le travail en post production ? 

J : Je suis extrêmement feignant. Je me suis créé un petit panel de presets pour lightroom. En général, je clique sur l’un d’entre eux qui s’accorde pas trop mal avec l’image, j’adapte un peu les ombres et hautes lumières et je passe à la suivante. Je trouve ça parfois dommage parce qu’il y a sans doute là un territoire inexploré, mais à chaque fois que je tente de m’y attarder, je m’ennuie très vite. Une belle rencontre professionnelle changera peut-être ça un jour. 

@jeanraclet
E : Quelle est la photo dont tu es le plus fier ? 

J : J’ai une photo préférée, je ne crois pas l’avoir jamais publiée. Ce n’est certainement pas ma meilleure, mais elle fait partie d’un moment de ma vie. C’était une de mes premières photos, un de mes premiers tirages fait à la maison en chambre noire, un de mes premiers encadrements. C’est un petit cadre avec une petite photo noir et blanc au contraste timide. J’ai une grande affection pour cet objet.
J’aime bien en général mes deux premiers films. Il y a une immense part de chance, mais c’est agréable de toujours aimer une ou deux reliques.

E : Tu travailles notamment avec Parcels (on adore leur musique), comment les as-tu rencontrés ? 

J : Je les ai vus jouer lors d’un festival à Duisburg. Je connaissais sans trop connaître. Je leur ai trouvé un talent, un son incroyable et je me suis demandé pourquoi ces gars n’avaient pas de photographe avec eux. J’ai fait quelques photos que je leur ai fait parvenir, et ils les ont bien aimées, je crois.

@jeanraclet
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E : Pendant la tournée avec Parcels tu postais souvent des vidéos sur Instagram, est-ce que c’est quelque chose que tu aimerais développer ?

J : je n’ai rien de prévu, je me suis seulement occupé de leurs stories sur Instagram pendant le séjour en Australie. Ils m’ont dit d’essayer ce que je voulais et, même si je travaillais énormément entre photos et vidéos, j’ai bien aimé cette petite parenthèse.

E : Qu’est-ce que cela t’a apporté humainement et professionnellement ? Et qu’est que tu peux en retenir ?

J : Je me suis fait de nouveaux amis, et ces amis voyagent beaucoup !
C’est merveilleux de passer autant de temps avec des personnes dont on a le pressentiment qu’on va bien les aimer (que ce soit le groupe ou les techniciens autour) et auxquelles on s’attache. On travaille beaucoup et souvent, on oublie qu’on est au travail. Et puis on progresse tous ensemble. De jour en jour, tout le monde fait un meilleur travail que la veille.

« On travaille beaucoup et souvent, on oublie qu’on est au travail. »

@jeanraclet
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E : Avec quels autres artistes dans le milieu de la musique tu souhaiterais travailler ? 

J : Les Beatles !

E : Tu as fait une exposition en Australie « The Lost Art Of Privacy », tu peux nous en dire plus ?

J : C’était évidemment très cool. La galerie était très grande, beaucoup de monde est venu à l’ouverture, les tirages étaient plutôt jolis et puis on était (enfin pour moi) à l’autre bout du monde. Il a fait chaud, quand même.

@jeanraclet
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E : Penses-tu que cette exposition pourrait voir le jour en France ?

J : On verra. En tout cas, vous êtes invitées ! 

E : En cette période compliquée, tu aurais 3 musiques à nous recommander ?

J : Francoise Hardy – Première Rencontre (écrite par Berger je crois, et puis le premier vers fait un peu écho à cette ‘période compliquée’)
Gilbert O’ Sulivan – Get Down
Bob Dylan – Spanish Is The Loving Tongue (Self-Portrait)
Et un bonus parce qu’elle vient de se lancer au moment où je réponds :
The Avalanches – Because I’m Me

E : à part la photographie, travailles-tu sur d’autres projets ? 

J : Je jardine quand je peux, et je peins et je m’exerce depuis des années à la dégustation de vins. Je suis un peu nul dans les trois domaines, mais les trois me détendent.

E : Quels sont tes futurs projets en tant que photographe (après ce confinement) ?

J : Je crois que j’aimerais prendre une photo du ciel, parce qu’il m’aura manqué.

Merci à Jean Raclet d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Son site internet : http://www.jeanraclet.com

Instagram : @jeanraclet