Musique

STUDIO JOURDAIN : plus qu’un métier, une passion

Dis-moi EMIE, Studio Jourdain, c’est qui ?

Aujourd’hui, EMIE est partie à la rencontre de Robin et Joseph, deux ingénieurs du son ayant créé leur propre studio d’enregistrement, Studio Jourdain.

E : Pouvez-vous définir précisément votre métier ?

R : On accompagne techniquement et artistiquement les talents dans leurs différents projets (musiciens, chanteurs, beatmakers) pour que le produit final soit au plus proche de ce que l’artiste imaginait et diffusable sur n’importe quel support (streaming, CD, vinyle, etc.)

J : Le travail d’un ingénieur du son couvre l’ensemble des domaines du son, de la création sonore pure (enregistrement, synthèse, mixage de bruits, sons ou notes issues de sources acoustiques, analogiques ou digitales) au traitement de l’acoustique d’une pièce, en passant par la maintenance, la conception, le calibrage électrique et/ou électronique. Mais plus globalement, le travail en studio consiste à enregistrer et mixer différents types de projet, de l’institutionnel avec les marques pour les publicités, les sociétés de tv et radio pour les jingles, etc. En passant par des domaines plus artistiques comme le cinéma pour les enregistrements de bruitages et/ou doublages, ou encore la musique.

E : Pouvez-vous nous présenter le studio Jourdain ?

R : On est deux potes d’enfance passionnés de musique depuis toujours, on a commencé par entasser du matos pour produire pour nous, puis après des études d’ingénieur du son on s’est associé dans ce grand projet de studio. Si vous voulez en savoir un plus, n’hésitez pas à aller sur studiojourdain.com

J : Le Studio Jourdain c’est un studio d’enregistrement situé dans le 20e arrondissement.
Il a pour but d’aider les créateurs et sociétés à faire aboutir leurs projets liés au son, que ce soit toutes les phases de la composition, de la direction et/ou réalisation artistique, l’enregistrement, l’arrangement, le mixage, le mastering et la diffusion en passant par le doublage, bruitage, design sonore, composition de bande originale… Etc.)

E : Que représente la musique pour vous ?

R : Je dirais tout simplement : la vie. La musique, c’est ma passion, mon hobby, mon métier. Elle fait partie de moi. Dès que j’entends une note de musique, j’ai envie « shake mon booty ».

J : Tout. Il n’y a pas une chose qui ne soit pas meilleur avec de la musique. Même le silence est rendu plus agréable par la musique.

E : Avez-vous un genre musicale, une spécialité, un domaine de prédilection ?

R : Plus tu écoutes de la musique plus tu apprends à l’apprécier sous toutes ses formes et ton oreille devient curieuse. Tu distingues de nouvelles sonorités, tu découvres de nouveaux rythmes, de nouvelles techniques et cela stimule ton esprit créatif. Même si je viens plutôt du rock et de la funk je suis assez ouvert musicalement, mais il faut que ça groove. 

J : Oui, je dirais à musique électronique.

E : Êtes-vous vous-même musicien ?

R : J’ai appris à jouer de la musique depuis tout petit. Je ne suis pas musicien dans le sens ou je ne joue pas d’un instrument jusqu’à le maîtriser à la perfection. Je sais jouer de plusieurs instruments, mais à un niveau moyen voir débutant. Cela m’aide dans le sens où ça me permet de comprendre les difficultés rencontrées par les musiciens lors des enregistrements. Il m’est d’ailleurs déjà arrivé d’endosser la casquette de musiciens/compositeur sur des projets.

J : Je suis auteur, compositeur, interprète, réalisateur, arrangeur et mixeur. C’est essentiel dans ce métier de pouvoir endosser plusieurs caquettes.

E : Si vous pouviez travailler avec un musicien, qui choisiriez-vous ?

R : Chilly Gonzales pour son esprit créatif, sa folie et sa pédagogie unique. 

J : J’ai déjà eu la chance de travailler avec et pour beaucoup de personnes talentueuses, advienne que pourra. 

E : Vous rappelez-vous de votre toute première séance ?

R : La première session de studio c’est comme être un funambule sur sa corde pour la première fois tu sais ce qu’il a faire mais tu connais pas encore tous les tips pour y arriver sereinement. Ma première session en studio (hors projet perso) c’était un collectif de rappeur qui a loué le studio une semaine pour un record et écrire des textes ensembles. Grâce à la diversité de chaque artiste, j’ai pu apprendre sur beaucoup en peu de temps. Cela m’a permis de maîtriser les techniques et surtout de gagner en vitesse et confiance. 

J : Je me rappelle de toutes les premières, ça ne s’oublie pas.

E : Quel souvenir vous a le plus marqué ?

R : On m’a raconté beaucoup d’histoire qui se sont passées en studio, jusqu’à des histoires de gun et de sexe mais je pense que ça reste très anecdotique, j’ai jamais rien vue de ce genre pour l’instant. Par contre je me souviendrais toujours du premier pas que j’ai fais dans un studio d’enregistrement, c’était à Ferber, un studio parisien mythique, j’avais l’impression d’accéder à mon rêve de gosse même si je ne faisais que le café. 

J : Un live du musicien de détroit Los Hermanos, en avant-première au studio avant son live au Djoon il y a quelques années puis sa performance avec Jeffs Mills au Louvre que l’on a pu contribuer à mettre en œuvre.

E : Les ingénieurs du son ne sont pas des visages connus. Rester masqué, ça vous plaît ?

R : Certains sont en quête de gloire, d’argent, de pouvoir. Je pense que de base un ingénieur du son ne cherche pas cela. C’est vrai qu’on n’est pas connu du grand public, mais comme dans tous les métiers, tu deviens réputé dans ta profession et pour les amoureux de la musique. Personnellement, je préfère rester dans l’ombre en vivant de ma passion sans être exposé.

J : Beaucoup d’artistes connus ont un certain niveau de compétence en tant qu’opérateur de leur propre studio, ils endossent le rôle d’ingénieur du son, au moins pour les démos pour une partie d’entre eux, de la même manière. Beaucoup d’ingénieurs du son ont une ou plusieurs autres cordes à leurs arcs dont certains une carrière qui les a rendu célèbre. Les frontières sont fines entre les métiers lorsque l’on atteint un certain niveau. 

E : Quels sont vos projets pour le futur ?

R : On va continuer de composer et produire de la musique car c’est vraiment le cœur de notre passion. On est des amoureux du son et de l’art en général donc pourquoi pas travailler sur des projets pour du sound design, du doublage, montage/mixage de film et pub.

J : Surprise !