Musique

DOPE SAINT JUDE : portrait d’une rappeuse intrépide

Dis-moi EMIE, Dope Saint Jude, c’est qui ?

Originaire du Cape Town, l’envoûtante Dope Saint Jude se place en leader du hip-hop sud-africain. Elle incarne avec brio ses revendications pour l’égalité des genres et des races qu’elle défend aussi bien dans ses textes, dans sa manière de vivre que dans son look.

Elle naît en 1991 à Cape Flats, de son vrai nom Catherine Saint Jude Pretorius. L’année où le président africain met un terme au régime de l’apartheid. Dope Saint Jude grandit dans cet environnement oppressant de vie politique et sociale où la ségrégation raciale fait rage et influe infailliblement sur sa musique et ses idées révolutionnaires.

Comment s’est-elle lancée dans la musique ?

Lorsqu’elle décide de se lancer dans sa carrière d’artiste, Dope Saint Jude se tourne vers les communautés Queer et LGBT (regroupant les minorités sexuelles, les identités de genres et orientations sexuelles) étant très présentes dans la ville. C’est ainsi qu’elle commence à s’imposer dans des soirées en tant que drag king (femme qui adopte une identité masculine).

Elle devient ainsi en Afrique du Sud, l’une des premières à se transformer. En 2011, elle fonde le groupe BrosB4Hoes, le groupe commencera alors ses débuts dans le rap.

Elle quitte sa troupe en 2017 pour se consacrer à sa carrière musicale, en s’inspirant d’artistes comme Tracy Chapman, Lauryn Hill, M.I.A ou encore Tierra Whack qui sont des femmes engagées qu’elle admire.

Comment défend-elle ses idées ?

En 2015, elle rappe dans son titre Realtalk : « I’m a boss, I’m a queen, I’m a black slave’s dream, I’m the power. Tell myself this every hour. ».

Dans son titre Brown Baas : « What is like to be brown for a girl like me ? For a girl like me, do you know what is like to be baas for a girl like me ? For a girl like me. » des doctrines qui lui rappelle combien il est dur mais essentiel d’avoir confiance en soi en tant que femme.

À l’image de sa personne, son look reprend les codes du streetwear et du punk. Elle ne cherche en aucun cas à être conformes aux normes du genre. Elle emprunte beaucoup aux codes vestimentaires masculins du hip-hop, en les mélangeant  avec des pièces sexy.

Un rap de dur et un style de bad girl, avec ses paroles explicites et ces poses accroupies volées à l’imagerie gangsta rap, elle prouve qu’elle en a autant dans le pantalon que ses alters-ego masculins.